Retour

Chirurgies reportées : le patient responsable 1 fois sur 5

Chaque année, dans les hôpitaux de Québec, plus de 2000 opérations chirurgicales sont annulées ou reportées. Pour améliorer son bilan, le réseau de la santé peut agir sur certains facteurs, comme le manque de lits. Mais d'autres facteurs lui échappent complètement : au CHU de Québec, 19 % des interventions chirurgicales annulées ou reportées sont attribuables au comportement du patient lui-même.

Un texte d'Alexandre Duval

Des données obtenues par Radio-Canada démontrent que du 1er avril 2015 au 6 février 2016, le CHU de Québec a dû reporter ou annuler 1739 chirurgies. De ce nombre, 328 l'ont été parce le patient ne s'est jamais présenté ou parce qu'il n'a pas bien suivi les directives de l'hôpital.

Plus précisément, 127 patients dont la chirurgie était inscrite à l'horaire du bloc opératoire ne se sont pas présentés, 110 patients ont simplement refusé l'intervention chirurgicale au moment de la subir, 78 ont mangé à l'intérieur de la période où ils devaient être à jeûn et 13 n'ont jamais pu être joints par l'hôpital bien que leur opération était prévue.

« Il y a des situations pour lesquelles on n'a vraiment pas le contrôle », explique Lucie Grenier, directrice générale adjointe aux services cliniques du CHU de Québec. « C'est pour ça qu'on n'arrivera jamais à 0 % [de chirurgies annulées] », explique-t-elle.

L'état de santé du patient aussi en cause

Le comportement des patients n'est cependant pas le seul facteur de report de chirurgie qui échappe aux hôpitaux. Sur les 1739 chirurgies annulées au CHU depuis le 1er avril 2015, 27 % sont attribuables à l'état de santé du patient qui s'est détérioré à l'approche de l'intervention.

« Par exemple, en pédiatrie, ça arrive souvent que les enfants sont reportés parce qu'ils arrivent avec la grippe. On ne peut pas les opérer s'ils ont une grippe. Ça peut être la condition de santé, par exemple, quelqu'un qui a fait une crise cardiaque », souligne Lucie Grenier.

Mais le facteur le plus important qui échappe aux hôpitaux de Québec concerne les urgences : 36 % des chirurgies reportées ou annulées depuis le 1er avril 2015 l'ont été parce que des patients qui se sont présentés à l'urgence sont devenus prioritaires en raison de leur état de santé, faisant ainsi décaler l'horaire prévu au bloc opératoire.

Les reports de chirurgie diminuent depuis 3 ans

Bien qu'il ne contrôle qu'une partie des facteurs responsables des reports ou des annulations de chirurgies, le CHU de Québec a amélioré son bilan ces trois dernières années.

En 2013-2014, 3,9 % des chirurgies ont été reportées. En 2014-2015, ce chiffre s'est abaissé à 3,7 %. Pour l'année en cours, le pourcentage se situe à 3,1 %.

« Je vous dirais qu'on a réalisé beaucoup de travail avec les chirurgiens et les anesthésistes dans la dernière année et demi », dit Lucie Grenier. Le CHU a notamment intensifié ses efforts pour spécialiser chacun de ses établissements, de telle sorte que chaque hôpital possède ses expertises et devient plus efficace dans ses interventions chirurgicales.

Des 1739 chirurgies reportées entre le 1er avril 2015 et le 6 février 2016, 12 % l'ont été en raison de l'indisponibilité d'un intervenant ou d'un bris d'équipement (5 %), d'une mauvaise planification de l'horaire du bloc opératoire (5 %) ou d'un manque de lits (2 %). C'est là-dessus que le CHU a le plus de pouvoir.

Au cours de cette période, seulement 35 chirurgies ont été reportées parce qu'aucun lit n'était disponible pour accueillir le patient. Pour l'ensemble de l'année 2014-2015, le CHU avait plutôt enregistré 131 cas.

Amélioration à Lévis aussi

En ce qui concerne le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudières-Appalaches, il est aussi en voie d'enregistrer une amélioration de son bilan.

En 2013-2014, 4,7 % de ses chirurgies ont été reportées. Ce chiffre est monté jusqu'à 5 % en 2014-2015, mais pour les 11 premiers mois de 2015-2016, il est redescendu à 4,4 %.

Selon Marco Bélanger, directeur adjoint au programme de chirurgies du CISSS, cette performance trouve en partie ses racines dans les efforts qui ont été déployés pour stériliser plus efficacement les instruments utilisés en chirurgie.

La formation du personnel médical a aussi été améliorée depuis un an. « On a raccourci nos programmes de formation. Avant, ils étaient sur beaucoup de mois. Maintenant, ils sont plus concentrés, ce qui fait en sorte qu'on est capable de former plus d'infirmières en moins de temps et elles sont aussi fonctionnelles », estime Marco Bélanger.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité