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Cimetière musulman : « L'histoire n'est pas terminée » - Philippe Couillard

Déçu du résultat du référendum à Saint-Apollinaire pour l'aménagement d'un cimetière musulman, où 19 personnes ont fait avorter le projet, Philippe Couillard promet que « l'histoire n'est pas terminée » et il veut « s'assurer qu'elle se termine bien ».

Un texte de Jonathan Lavoie

Les promoteurs du projet, des membres du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), pourront désormais compter sur l'appui du gouvernement du Québec pour trouver une solution, assure le premier ministre.

« Ce que je vois cependant maintenant, c'est clairement la nécessité pour notre gouvernement de nous impliquer pour trouver une solution. Les gens ont le droit franchement, et c'est fondamental, d'enterrer leurs morts. »

Philippe Couillard, qui commentait le dossier à partir d'Edmonton, où il assiste à la rencontre estivale des premiers ministres du pays, estime que le résultat du référendum à Saint-Apollinaire n'est pas « favorable à l'image du Québec ».

Il invite toutefois le public à ne pas faire porter l'opinion d'un très petit groupe d'individus à l'ensemble des Québécois.

« Sur cette question de la relation avec les Québécois de confession musulmane à Québec, moi, ce dont je me souviens, c'est des milliers de personnes dans la rue pour clamer leur solidarité, leur affection pour leurs concitoyens de confession musulmane », a rappelé le premier ministre en évoquant l'attentat du 29 janvier à la grande mosquée de Québec.

À ceux qui croient que Québec aurait dû participer au processus pendant la campagne référendaire à Saint-Apollinaire, Philippe Couillard répond qu'il aurait été mal avisé pour le gouvernement de « débarquer avec ses gros sabots et pointer un petit nombre de citoyens d'une petite localité ».

Régis Labeaume critique La Meute

Philippe Couillard a également salué les propos du maire de Québec, qui a écorché La Meute, et ce, même si le groupe identitaire associé à l'extrême droite a nié avoir tenté d'influencer le résultat du référendum.

« Le maire Labeaume s'est exprimé très fortement d'ailleurs sur la participation de certains groupes au processus du référendum, j'apprécie qu'il l'ait fait », a commenté le premier ministre.

Régis Labeaume a notamment invité les membres de La Meute à se tenir « tranquilles » sur le territoire de sa ville.

De son côté, le député libéral de Louis-Hébert au fédéral, Joël Lightbound, s'est lui aussi dit abasourdi par le résultat du référendum.

« Je trouve ça très regrettable que 19 citoyens aient pu y mettre fin, suite à une campagne de peur et de désinformation que je pense qu'il y a eu par certains à Saint-Apollinaire, qui ne représentent pas, je pense, l'ensemble de la population de Saint-Apollinaire. »

Contraire à la Charte canadienne des droits?

Selon Me Julius Grey, avocat spécialisé dans les droits de la personne, le rejet du cimetière musulman par référendum brime la liberté de religion.

« Si les gens croient profondément, au fond de leur âme, qu’ils doivent avoir un cimetière distinct, c’est une violation de leur liberté de religion [de ne pas y avoir accès] qui peut être permise si l’accommodement qu’ils demandent n’est pas raisonnable, mais il est très raisonnable. »

Me Grey estime entre autres qu'un référendum est un très mauvais véhicule pour trancher sur des questions de droits fondamentaux.

« Je pense que c’est une chose qui ne se décide pas par le référendum, les droits fondamentaux ne sont pas majoritaristes. On n’a pas écrit la Charte pour protéger la majorité, c’est le contraire. »

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