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Clinique sans médecin SABSA : injustice et affront, dit le PQ

À deux jours de la fermeture anticipée de la clinique sans médecin SABSA, le Parti québécois de même que des intervenantes interpellent à nouveau le ministre de la Santé pour permettre à la clinique de Québec de poursuive ses activités auprès de ses 1500 patients parmi la clientèle la plus vulnérable.

La députée Diane Lamarre juge inconcevable que la clinique sans rendez-vous, qui travaille auprès des patients de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, doive fermer ses portes. Elle parle d'injustice envers les patients et d'affront.

« C'est un affront clair envers toutes les infirmières du Québec. Ce que le ministre leur dit aujourd'hui, c'est : même si vous répondez aux besoins des patients, même si vous vous occupez des plus vulnérables, même si vous le faites à très bas prix [...] je ne reconnaîtrai jamais votre autonomie et je vais conférer et maintenir le pouvoir aux médecins », déplore Mme Lamarre.

Le PQ accuse le ministre Barrette de rester insensible en ne faisant rien pour aider la clinique en manque de financement et en proposant que les services offerts par les infirmières praticiennes spécialisées soient intégrés dans les locaux du CLSC, situé à seulement « 40 mètres ».

Emmanuelle Lapointe, coordonnatrice, rappelle que la clinique SABSA rejoint une clientèle plus désorganisée, notamment des patients toxicomanes ou souffrants de problèmes de santé mentale, et moins encline à entrer dans la structure actuelle de soins de santé, qui exige entre autres la carte d'assurance-maladie.

« Présentement, nous, on reçoit références du système, les organisations de santé de notre territoire, donc ça démontre, je crois, qu'on a une réponse qui n'est pas présentement possible dans la structure actuelle. »

Pétition et sociofinancement

La fermeture serait une lourde perte pour la santé sociale de la Basse-Ville, souligne Agnès Maltais, députée de Taschereau, qui a déposé ce matin à l'Assemblée nationale une pétition de 8400 noms.

« Nous demandons au gouvernement du Québec d'assurer la survie de la clinique d'infirmières de la coopérative de solidarité SABSA en la supportant financièrement », a-t-elle demandé.

Les intervenants de la clinique n'entendent pas baisser les bras. « On veut continuer », affirme Isabelle Têtu, infirmière praticienne spécialisée.

« À deux jours de l'échéance, il n'y a toujours pas de solution apportée pour prendre en charge ces 1500 patients-là, donc on ne désire pas baisser les bras », dit l'infirmière qui souligne que la clinique intensifiera au cours des prochains jours ses activités pour sa campagne de sociofinancement.

Jusqu'à présent, 40 000 $ sur un objectif de 250 000 $ ont été amassés dans la campagne qui se poursuit jusqu'à la fin mai.

Le ministre réitère son refus

De son côté, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, refuse toujours d'octroyer le financement de 464 000 $ demandé. Selon lui, le modèle proposé représente des coûts 45 % plus élevés par patient comparativement au réseau actuel.

Il réitère son invitation aux infirmières de la clinique SABSA afin qu'elles se joignent au CLSC dans le même quartier.

« La force de Mme Têtu et la qualité de son travail, c'est sa relation avec sa clientèle, est-ce qu'on peut penser qu'à 40 mètres juste à côté, la clientèle va la suivre? »

Faute de financement, le volet clinique de proximité de la clinique SABSA devrait fermer le 1er mai, mais les services de traitement de l'hépatite C se poursuivront.

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