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Cliniques La Vue : des clients privés de leurs ordonnances

De nombreux patients des lunetteries La Vue se plaignent de ne plus avoir accès à leur dossier depuis que l'entreprise propriétaire de la chaîne s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Un texte de Maxime Corneau

L’entreprise en question, Gestion Éric Savard, a amorcé cet été la liquidation de ses actifs après avoir accumulé d’importantes dettes.

Gestion Éric Savard exploitait les chaînes de lunetteries La Vue, Optique Laurier et Laurier Optical. Le réseau comptait une cinquantaine de cliniques. Plus de la moitié ont trouvé un nouvel acquéreur, mais certaines n’ont pas été vendues et ont tout simplement fermé leurs portes, notamment dans la région de Charlevoix.

« Je me suis cognée à une porte fermée lorsque je me suis rendue à la clinique », résume Sophie Fortier-Mallette, une résidente de La Malbaie, cliente de la clinique La Vue de Clermont.

La dame souhaite refaire l’un de ses verres en raison d’une égratignure. Comme sa prescription est introuvable, Mme Fortier-Mallette se voit dans l’obligation d’en obtenir une nouvelle, une situation qu’elle trouve déplorable.

Plusieurs clients ont écrit sur la page Facebook du groupe La Vue avoir tenté en vain de mettre la main sur leur ordonnance.

Une famille entière touchée

Pour Maxime Bergeron, un client de la clinique La Vue de Charny, la recherche de dossier se fait pour la famille entière. Il tente d’obtenir l’ordonnance de sa conjointe, celle de sa fille et la sienne.

« C’est un peu décevant. S’ils sont en possession de ça, il suffirait juste d’un moyen de les rejoindre pour les avoir », déplore le jeune père de famille.

M. Bergeron a tenté de s’adresser à d’autres optométristes. Ils lui ont tous indiqué que chaque membre de sa famille devait repasser un examen.

Un dédale légal

Le président de l’Ordre des optométristes du Québec, Langis Michaud, est bien au fait de ces clients et de leurs déboires. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs contacté l’Ordre pour tenter d’obtenir des réponses.

« Je suis de tout cœur avec les gens qui vivent ces préjudices-là, ça ne devrait pas arriver », assure-t-il.

Le Dr Michaud explique qu’il s’agit d’une malheureuse zone grise légale qui pourrait bien aboutir devant les tribunaux.

Selon la loi québécoise, le syndic de faillite, dans ce cas-ci l’entreprise Raymond Chabot, a la responsabilité de conserver les actifs de l’entreprise qu’il accompagne. Les dossiers des clients, qui ont une valeur financière dans l’industrie, répondent à ce critère.

Le code de pratique de l’Ordre des optométristes stipule pour sa part que les dossiers clients doivent toujours être sous la supervision d’un professionnel reconnu. Dans le cas des cliniques qui ont été vendues, les dossiers clients ont été ou sont sur le point d’être transférés au nouveau propriétaire.

Toutefois, les dossiers des cliniques qui n’ont pas trouvé d’acheteur sont toujours sécurisés par le syndic de faillite, ce que déplore M. Michaud.

D'ici à ce que que tous les dossiers soient remis à des professionnels, l’Ordre des optométristes du Québec recommande aux clients de contacter directement l’entreprise Raymond Chabot pour obtenir un dossier client, et d’en aviser le syndic de l’Ordre afin qu’il accompagne le client dans ses démarches.

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