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Code vestimentaire : une première victoire pour les carrés jaunes

Les shorts à la mi-cuisse et les camisoles à bretelles minces seront autorisés à compter de la prochaine année scolaire à l'École Joseph-François-Perrault. Le conseil d'établissement a voté à l'unanimité, lundi soir, pour des règles plus permissives en matière d'habillement.

Un texte de Marie Maude Pontbriand

Le mouvement des carrés jaunes, ces adolescentes qui militent notamment pour des codes vestimentaires moins sexistes dans les écoles secondaires, remporte une première victoire. L'école où est né le mouvement il y a quelques semaines accepte de modifier certaines règles.

Après de longues discussions avec le personnel de l'école, les élèves et les parents, la direction permettra le port de camisoles à bretelles minces dès la prochaine rentrée scolaire. En fait, le nouveau code de vie de l'école mentionnera plutôt que « les vêtements sans bretelle ne seront pas permis », a expliqué la directrice de l'école secondaire Joseph-François-Perrault, Marlène Bureau, à la sortie de la rencontre.

Les élèves seront aussi autorisés à porter des jupes et des shorts à la mi-cuisse. Le port de la casquette et du capuchon sera quant à lui accepté dans l'école, mais pas dans les salles de classe.

Marlène Bureau précise que les discussions concernant les modifications au code vestimentaire ont commencé en janvier.

Le libellé des modifications a été finalisé juste avant la rencontre du conseil d'établissement lundi soir. « Les parents ont nommé le fait que les élèves de notre école se soient prises en main avec le carré jaune, elles se sont bien exprimées partout où elles ont eu à parler, donc il y a quand même une fierté », souligne la directrice.

« On a été entendu complètement »

« L’école souhaitait avoir des discussions. On ne se sentait pas comme une bande de petits ados qui revendiquent des petits caprices. Non, on avait un besoin et ça a été compris », se réjouit la cofondatrice et porte-parole du mouvement, Célestine Udhe.

Elle rappelle que leur victoire ne signifie pas que les élèves pourront porter n’importe quel vêtement. L’objectif est l’équité entre les garçons et les filles en ce qui a trait au code vestimentaire.

« Il y a des limites. On n’a pas le droit aux vêtements sans manches, sans bretelles. Le ventre doit rester caché. On reste à l’école, dans un contexte d‘apprentissage. Ça doit rester décent. Nous, ce que l’on souhaitait, c’est que l’on ne dise pas davantage aux femmes de se cacher qu’aux gars. Que l’on puisse avoir une égalité de traitement », explique-t-elle.

L'élève de 4e secondaire est persuadée que cette décision fera des petits. « Ça va faire croire aux commissions scolaires et aux autres conseils d'établissement qu'il y a une évolution possible. »

Un mouvement qui prend de l'ampleur

Les adolescentes sont de plus en plus nombreuses à s'opposer au code vestimentaire dans les écoles secondaires, un code qu'elles qualifient de sexiste.

L'intérêt pour le mouvement a explosé dans les dernières semaines sur les médias sociaux. De quelques centaines d'abonnés ou d'intéressés, ils sont maintenant des milliers sur Facebook et Instagram.

Selon Célestine Udhe, au moins une vingtaine d'écoles du secondaire se sont jointes au mouvement.

Une rencontre aura d'ailleurs lieu à Montréal samedi afin d'en jeter les fondements à l'échelle provinciale.

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé voit d'un bon oeil l'arrivée du mouvement. Elle a d'ailleurs déjà félicité les adolescentes sur les médias sociaux pour leur implication et les encourageait à « poursuivre leurs réflexions et leurs combats ».

« Comme féministe, je trouve ça très stimulant de penser que dès leur jeune âge, elles contribuent à la réflexion », ajoute la députée solidaire qui souligne que ce genre de mouvement est à la base de la démocratie.

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, s'en remet pour sa part aux directions d'école. « C'est à eux de déterminer ce qui doit se porter dans les écoles », a-t-il dit.

Si le premier objectif des carrés jaunes était de faire évoluer le code vestimentaire de leur école, le groupe mène maintenant plusieurs combats. Les adolescentes disent aussi vouloir lutter contre la culture du viol et l'hypersexualisation et militent pour l'instauration de cours d'éducation sexuelle dans les écoles secondaires.

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