Retour

Colloque sur l’islamophobie : mobiliser par la réflexion

Un colloque sur l'islamophobie se tient jeudi et vendredi à l'Université Laval. Il est organisé par un professeur en anthropologie qui veut débattre et exposer les enjeux de ce phénomène, au moment où des tensions sont palpables dans la région de Québec.

Un texte de Cathy Senay

« Je suis bouleversé, je suis très inquiet et paradoxalement je suis rassuré », précise d’entrée de jeu le professeur Abdelwahed Mekki-Berrada.

Le moment était tout désigné selon lui pour mettre sur pied le premier colloque sur l’islamophobie à Québec. L’année 2017 a démarré avec l’attentat à la grande mosquée qui a fait 6 morts et 5 blessés.

À cette tragédie s’ajoutent les autres incidents à caractère haineux qui se sont produits au lieu de culte depuis juin 2016.

Il y a eu également le véhicule incendié du président du Centre culturel islamique, Mohamed Labidi, devant sa résidence. Une enquête est en cours. Il n’y a toutefois aucun élément prouvant qu’il s’agit bel et bien d’un crime haineux.

Le chercheur Mekki-Berrada croit qu’il avait la responsabilité de faire quelque chose pour contrer les tensions, soit de mobiliser les gens et les amener à réfléchir sur ces grandes questions.

La radicalisation, la cyberviolence et la place de la femme musulmane font partie des enjeux discutés.

M. Mekki-Berrada tient à ce que ces discussions aient lieu à l’abri de toute polémique.

« Quand j’ai ouvert le colloque, j’ai dit il y a peut-être des personnes d’extrême droite musulmanes ou non musulmanes, mais si elles sont là, elles sont les bienvenues. »

Le professeur se défend toutefois de montrer qui que ce soit du doigt.

La méconnaissance de l’islam

Le cofondateur et vice-président du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah fait partie des conférenciers. Il donne des moyens concrets pour lutter contre l’islamophobie. « Il faut mettre le paquet sur l’emploi, organiser davantage de rendez-vous d’échanges culturels », mentionne-t-il.

Deux agents du Service de police de Québec (SPVQ) assistent au colloque en tant qu’observateurs, dont le lieutenant Jean-François Vézina, responsable des relations avec les communautés culturelles.

Il faut réfléchir sur la médiatisation des incidents à caractère haineux, selon lui, car celle-ci peut avoir un effet négatif d’entraînement.

Le colloque se tient à la salle 4512 du pavillon Maurice-Pollack de l’Université Laval.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine