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Comment éviter la destruction des oeuvres d'art public?

La destruction de l'oeuvre Dialogue avec l'histoire de Jean-Pierre Raynaud à Québec et l'annonce de la Ville de Montréal de faire de même avec l'Agora du square Viger, de l'artiste Charles Daudelin, a rouvert le débat sur la pérennité de l'art public.

Une oeuvre de l'artiste québécois d'origine catalane Jordi Bonet a aussi été démantelée par la Ville d'Halifax en 2004. Quarante ans plus tard, les éléments en bois et en métal de la sculpture auraient été trop endommagés pour être restaurés.

L'art public des années 50 ou 60 s'est parfois dégradé en raison des matériaux utilisés et du manque d'entretien de la part des municipalités. Pour éviter que les oeuvres ne finissent au dépotoir, les villes imposent maintenant des contraintes pour éviter les erreurs du passé. C'est ce qu'a fait la Ville de Montréal pour la création d'une oeuvre qui sera installée au coin des boulevards Henri-Bourrassa et Pie-IX, dans l'arrondissement Montréal-Nord.

Croquis de <em>La vélocité des lieux</em>, oeuvre du collectif BGL

« La vélocité des lieux », croquis de la future oeuvre du collectif BGL (Photo : Ville de Montréal)

Une oeuvre qui ne se dégrade pas?

C'est le collectif BGL, composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière, qui a gagné le concours pour la conception de La vélocité des lieux, une immense roue fixe de 18 mètres de hauteur qui sera la plus grande oeuvre d'art public du Québec. Les trois artistes ont reçu 1,1 million de dollars pour sa fabrication.

« La vélocité des lieux », du collectif BGL en construction à Montréal-Nord (Photo : BGL)

Le trio s'est engagé à fabriquer cette immense roue pour qu'elle survive au moins 20 ans sans nécessiter de travaux de restauration. « Comme c'est en aluminium, ça ne devrait pas rouiller. Beaucoup de pièces ont aussi été galvanisées », souligne Jasmin Bilodeau en entrevue avec Ève Payette.

Jasmin Bilodeau ajoute qu'il y a une poussière urbaine qui va finir par recouvrir l'oeuvre. « Mais ça se nettoie avec des jets d'eau, ça ne nécessite pas un gros entretien. »

Ce dernier est aussi réaliste et n'exclut pas la possibilité que son oeuvre soit un jour détruite. « Tout le monde aimerait que les oeuvres durent pour toujours, mais ce n'est pas réaliste. Tout finit par mourir, même les oeuvres d'art. Il faut accepter une certaine détérioration. Quand c'est dangereux, on devrait pouvoir détruire. Mais quand ça ne l'est pas, pourquoi ne pas essayer de conserver l'oeuvre pour donner un sens aux générations futures? C'est le fun de voir des oeuvres qui ont un certain âge », soutient Jasmin Bilodeau.

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BGL a également conçu une oeuvre au centre aquatique de Toronto, inaugurée lors des Jeux panam. Le collectif représente aussi le Canada à la Biennale de Venise avec sa surprenante installation, Le dépanneur du coin.

<em>La vélocité de l'eau</em> du collectif BGL à Toronto

« La vélocité de l'eau », du collectif BGL à Toronto (Photo : BGL)

Modifier ou démantèlement des oeuvres publiques?

Par ailleurs, le démantèlement d'une oeuvre est aussi prévu dans certains contrats avec les municipalités. C'est le cas de l'oeuvre du Montréalais Stephen Schofield, qui est en train de couler les pièces en bronze et en aluminium des cinq sculptures qui seront installées en mai prochain dans le Quartier des spectacles. « Quand on signe un contrat avec le Bureau d'art public de la Ville de Montréal, il y a toujours une indication qu'il est possible que l'oeuvre soit retirée de l'espace public. »

Stephen Schofield (Photo : Radio-Canada)

Dans certains cas, une oeuvre sera modifiée, comme celle créée par l'artiste René Derouin pour l'Hôpital de Saint-Jérôme. « L'oeuvre n'avait pas changé, excepté qu'on avait enlevé les lumières et mis des plantes vertes. On avait complété mon oeuvre, on l'avait modifiée et j'étais d'accord avec ça. L'oeuvre était faite pour ceux qui vivaient avec tous les jours, j'acceptais de ne pas avoir tous les droits. »

Avec les informations d'Ève Payette

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