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Comment revoir les pratiques d'évacuation dans les résidences pour aînés ?

Les exercices obligatoires d'évacuation en cas d'incendie sont mal adaptés à la clientèle des résidences pour aînés, selon Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

Il n'est pas surpris de constater que sur 30 résidences privées à Lévis, près de la moitié ont échoué à se conformer aux normes lors des derniers exercices.

« L'an passé, au mois d'octobre, on a mené un sondage auprès de nos membres pour s'apercevoir que la méthode utilisée n'était vraiment pas la bonne », avance-t-il.

Yves Desjardins soutient que les alarmes d'incendie, les pompiers et le chronométrage des exercices entraînent un énorme stress pour les résidents. « Présentement, de les faire courir dans les escaliers, il y a des chutes, il y a des blessés, il y a des hospitalisations. »

Selon la RQRA, il faudrait mieux prendre en compte la gestion du risque. Yves Desjardins insiste pour qu'une attention particulière soit portée au degré de mobilité et à la condition physique des aînés qui doivent se soumettre à ces exercices.

Un programme en développement

C'est précisément ce à quoi travaille Kathleen Paquette, conseillère en bâtiment et responsable de la gestion du risque en sécurité incendie dans les résidences privées pour aînés pour le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches.

Elle est d'accord avec certains points soulevés par la RQRA, mais elle insiste aussi sur l'importance des exercices chronométrés. Le CISSS a développé une formation en ligne pour les employés des résidences privés et s'apprête à publier une série de documents informatifs à l'intention des résidents.

Kathleen Paquette a travaillé de très près avec le propriétaire d'une résidence qui n'arrivait pas à évacuer ses résidents dans les temps prescrits. Après une série d'exercices d'évacuation par secteur, le temps au chronomètre a chuté de moitié.

« Chacun savait très exactement quoi faire, où se diriger, et le niveau de stress était beaucoup moindre parce qu'on n'était pas face à l'inconnu, explique la spécialiste en gestion du risque. Maintenant, pour les résidents qui sont vraiment en perte d'autonomie, on ne force pas l'exercice en grands groupes. [...] On va demander au propriétaire de faire un exercice seul avec le résident et on va chronométrer. »

Les techniques et les documents de formation développés par le CISSS de Chaudière-Appalaches devraient éventuellement être utilisés dans l'ensemble de la province.

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