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Comprendre le sextage et ses conséquences sur les jeunes

L'arrestation de six adolescents à Québec soupçonnés d'avoir partagé des photos à caractère sexuel rappelle que le sextage est répandu chez les jeunes. Des ateliers sont offerts par des policiers en milieu scolaire pour sensibiliser les élèves. Quel est le phénomène et quelles en sont les conséquences?

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) rappelle que le sextage consiste à recevoir ou partager des photos ou des vidéos sexuellement explicites.

Si le sextage entre adultes consentants ne constitue pas une infraction criminelle, il en va autrement pour la transmission de clichés de mineurs, rappelle Mélissa Cliche, porte-parole de la police de Québec.

Une personne qui participe à l’envoi d’un égoportrait à connotation sexuelle mettant en scène un mineur s’expose à des accusations de production, possession ou distribution de pornographie juvénile.

Conséquences psychosociales

Il s’agit d’une pratique à risque pour les adolescents, souligne Mme Cliche. Les photos qui peuvent se retrouver sur différentes plateformes sont particulièrement difficiles à supprimer d’Internet.

« On rappelle aux jeunes de ne pas distribuer de photos d'eux [...] de nature intime à leur chum, blonde du moment. Lorsqu’il y a une rupture, ça devient compliqué parce qu’à ce moment-là, il y a un échange de photos qui se fait et la victime se ramasse avec plusieurs conséquences au niveau personnel. »

La police explique dans un document publié à l'intention des parents que les jeunes qui ont perdu le contrôle de leur image peuvent vivre de l'anxiété, du rejet, de l'intimidation et du harcèlement, entre autres.

Sensibiliser dès le jeune âge

Pour Cathy Tétreault, directrice générale du centre Cyber-aide, le phénomène n’est pas nouveau et les jeunes devraient y être sensibilisés dès le primaire à travers les cours d’éducation à la sexualité.

« Si les petits à partir de l’école primaire apprennent à se respecter, à s’affirmer, tranquillement, ils vont être préparés à arriver au secondaire, à être capable de gérer la pression sociale et de ne pas le faire. »

Selon elle, l’influence de la technologie et l’utilisation des réseaux sociaux peuvent contribuer à banaliser ces gestes et les écoles devraient être mieux outillées pour conscientiser les élèves.

Elle croit que les formations offertes par les policiers dans les écoles ne sont pas suffisantes.

« C’est important que les policiers passent dans les écoles pour parler de ça au niveau judiciaire, mais ils [les établissements scolaires] doivent inviter des organismes ou sexologues ou même eux pour pallier au besoin psychosocial. Pourquoi on le fait, à quel besoin ça répond, pourquoi vous trouvez ça banal? », évoque-t-elle.

Elle ajoute que l’information qui est véhiculée aux jeunes doit aussi être acheminée aux parents afin que la sensibilisation soit efficace.

Un texte de Véronica Lê-Huu

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