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Conquête de l'Everest : une « frénésie » critiquée par un alpiniste

La saison d'ascension du mont Everest a déjà fait plusieurs victimes. Depuis jeudi, trois personnes ont perdu la vie après avoir atteint le toit du monde : ils sont morts de fatigue en tentant de regagner le camp de base. L'alpiniste de Québec, François-Guy Thivierge, ne s'étonne pas de la situation vu le manque d'expérience de plusieurs grimpeurs.

Ces décès, survenus dans un laps de temps aussi réduit, suscitent des interrogations sur le degré de préparation des clients et sur le respect des règles de sécurité par les compagnies qui organisent les expéditions commerciales vers l'Everest.

L'alpiniste François-Guy Thivierge rappelle que ce genre d'expédition n'est pas à prendre à la légère. 

« Quand on est en mal des montagnes, un des premiers symptômes est que ton jugement est altéré. Tu manques d'oxygène au cerveau. C'est comme avoir pris de l'alcool : tu penses que t'es capable de continuer, mais tu n'y arrives pas », a-t-il commenté en entrevue à l'émission Première heure.

Lorsque l'on ressent ces symptômes, il faut savoir modérer ses ambitions et redescendre à un niveau inférieur pour respecter les « paliers d'acclimatation », ajoute-t-il.

Selon, M. Thivierge, qui est aussi propriétaire du centre d'escalade Roc Gyms, entre 400 et 500 personnes tentent l'ascension de l'Everest chaque année à la fin du mois de mai. Depuis le 11 mai, déjà 350 alpinistes ont foulé le camp de base.

Cette période offre une bonne fenêtre aux alpinistes pour tenter d'atteindre le sommet. Il faut environ trois jours de conditions clémentes pour l'ascension et la descente, indique encore François-Guy Thivierge qui a atteint le sommet de l'Everest, le 22 mai 2008.

Tous les alpinistes vont privilégier cette fenêtre de beau temps pour tenter l'ascension ce qui crée des embouteillages sur la montagne et une certaine frénésie pour atteindre le sommet.

Limiter l'accès à la montagne?

Faudrait-il resserrer l'accès à la montagne pour éviter les morts de grimpeurs ambitieux et inexpérimentés? C'est une question délicate, croit François-Guy Thivierge.

Ce tourisme de montagne est un secteur d'activité si important pour l'économie du Népal, qu'il ne peut s'en priver. Surtout, après deux années où l'accès à la montagne a été interdit en raison d'une avalanche et d'un tremblement de terre survenus sur la face népalaise de l'Everest.

Un permis d'expédition coûte 100 000 $ et donne aux sherpas de bons emplois bien rémunérés. « C'est difficile pour le Népal de restreindre l'accès à l'Everest, mais je suis pour qu'il y ait un minimum de CV de montagnes qui soit demandé avant d'aller au mont Everest. »

M. Thivierge n'est pas contre la présence d'alpinistes amateurs, mais il suggère que ceux-ci acquièrent de l'expérience sur d'autres sommets avant de s'attaquer à la plus haute montagne du monde.

« Il y a une trentaine d'années, c'était toutes des expéditions professionnelles qui allaient à l'Everest. On se retrouvait comme aux Jeux olympiques où c'était les meilleurs de chaque pays. Aujourd'hui, c'est ceux qui ont le plus d'argent », a conclu l'alpiniste.

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