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Conseil du statut de la femme : la nouvelle présidente prête à briser le silence

Cinq mois après être entrée en fonction, la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Louise Cordeau, n'a toujours pas pris la parole en public. Elle entend rompre ce silence jeudi lors du dévoilement de la Stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes à Montréal. Une première apparition publique attendue depuis longtemps par le milieu communautaire et syndical.

Un texte de Cathy Senay

« On a hâte d’entendre ce qu’elle aura à dire, ses impressions par rapport aux orientations et aux actions qui seront proposées par le gouvernement pour atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes au Québec », souligne la coordonnatrice du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, Marie-Andrée Gauthier, visiblement tracassée par le silence de la nouvelle présidente.

Pour son regroupement, le Conseil du statut de la femme est un pilier en matière de condition féminine.

« On s’attend à ce que médiatiquement [Louise Cordeau] soit présente aussi pour émettre le point du Conseil sur les mesures qui seront mises en place éminemment », affirme Mme Gauthier.

Normalement, une rencontre se tient dans les deux mois suivants l’arrivée en poste de la nouvelle présidente du CSF et le réseau.

« Cette rencontre-là n’a pas eu lieu encore. Et en fait, on a eu très peu de nouvelles quant à ses ambitions, sa vision, déplore la coordonnatrice du réseau. Nous sommes en attente. »

Pas d’entrevues avant l’automne

Jeudi dernier, Radio-Canada a acheminé une demande d’entrevue à la présidente du Conseil du statut de la femme au sujet d'une étude du McKinsey Global Institute. Ce rapport traitait des inégalités économiques entre les hommes et les femmes sur le marché du travail.

La réponse a été négative : « Le Conseil n’accordera pas d’entrevue avant encore quelques semaines. Me Louise Cordeau, qui est entrée en fonction le 6 février dernier, commencera à accorder des entrevues plutôt à l’automne, le temps pour elle de terminer son arrivée au Conseil et de bien préparer les dossiers. »

Ce silence a également fait sourciller des organisations syndicales. La vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Line Larocque, précise que depuis 2014, le budget du Conseil du statut de la femme a diminué de 15 %.

Or, cela ne diminue pas l’importance du rôle que doit jouer la présidente auprès de la population québécoise, soutient Mme Larocque.

« Est-ce que dans la volonté du gouvernement, il y aurait le souhait de réduire la possibilité d’intervention du Conseil du statut de la femme? C’est à se questionner », s’interroge-t-elle.

Débats de société

Selon Mme Larocque, le Conseil du statut de la femme doit être présent pour commenter les débats de société.

La sociologue Annie Cloutier abonde également dans ce sens. De nombreuses personnes au sein de la population québécoise vont se fier, selon elle, aux prises de position du Conseil du statut de la femme comme référence et pour faire avancer les mentalités.

« À une époque où le féminisme brasse quand même beaucoup quand on voit ce qui se passe aux États-Unis, des valeurs qui seront remises en question, etc., c’est important vraiment que cet organe gouvernemental soit au bâton à chaque fois que la balle est lancée dans le fond », fait-elle valoir.

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