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Constitution : Konrad Sioui appuie l’initiative de Québec

Le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, appuie la volonté de Philippe Couillard de relancer le débat constitutionnel afin de reconnaître pleinement l'apport des Premières Nations et des Inuits à la fédération canadienne. Il le prévient toutefois que la nation huronne-wendate n'acceptera pas une entente perpétuant « le mythe dépassé des deux peuples fondateurs ».

Un texte de Louis Gagné

Konrad Sioui a réagi à la démarche constitutionnelle du premier ministre du Québec, mercredi, en marge de l’annonce d’un investissement de 282 millions de dollars de son gouvernement pour favoriser le développement social, culturel et économique des Premières Nations et des Inuits. Le grand chef a dit vouloir une reconnaissance « de nations à nations » qui placerait les peuples autochtones sur un pied d’égalité avec les descendants des colons européens.

« Il ne faudrait pas que le résultat soit le même que Charlottetown, que le lac Meech, a-t-il dit. Que nos traités soient respectés et qu’on ne se fasse plus dire : "Allez à la cour! Vous n’avez pas de reconnaissance autre que celle que la cour peut vous accorder". »

Elijah Harper, un « héros »

Konrad Sioui soutient que les accords du lac Meech et de Charlottetown ont en partie été rejetés parce qu’ils visaient à régler le statut du Québec au sein de la fédération canadienne avant celui des Premières Nations.

Il ajoute que l’ancien député autochtone du Manitoba Elijah Harper, symbole de l’opposition à ces deux réformes constitutionnelles, avait toutes les raisons de les combattre.

« Il est mort, aujourd’hui, mais son esprit restera, parce qu’il a fallu qu’il dise non. Non à quoi? Non que pour les prochains cent ans, on va refaire une constitution avec les mêmes deux peuples fondateurs et que nous, les Premières Nations, on va être laissées pour contre », a-t-il fait valoir.

« Oubli historique »

Invité à commenter les propos de Konrad Sioui, Philippe Couillard a réitéré qu’il fallait « reconnaître collectivement les Premières Nations qui ont contribué à faire ce pays ».

« C’est un oubli historique, mais c’est un oubli que l’on peut comprendre dans les circonstances d’une époque très différente de la nôtre, a plaidé le premier ministre. Il faut rappeler ça et moi, je suis le premier à dire qu’il fallait dans ce document faire état de notre nation du Québec et de ce qu’elle a de particulier, mais également des Premières Nations et des Inuits. »

L’opposition de Konrad Sioui et de la nation huronne-wendate à la notion des deux peuples fondateurs est d’ailleurs à l’origine du refus de la communauté de commémorer les 150 ans de la Confédération canadienne, et ce, même si le Pow Wow international de Wendake, qui se tiendra du 30 juin au 2 juillet, est inscrit dans la programmation officielle des célébrations.

« C'est une honte selon moi de célébrer la Constitution canadienne qui ne parle que de deux peuples fondateurs, les Français et les Anglais, et qui ne propose que deux ordres de gouvernement, fédéral et provincial, et qui, on le sait, a totalement omis même de faire une simple allusion à nos peuples », a confié M. Sioui au quotidien Le Soleil.

Favoriser les rapprochements

Le ministre fédéral de la région de Québec Jean-Yves Duclos ne se formalise pas du refus de Wendake de célébrer le 150e anniversaire du Canada. M. Duclos, qui entend participer au Pow Wow, croit qu’il faut plus que jamais multiplier les rapprochements avec les communautés.

« Je pense que c’est une question de respect. Je pense que chaque communauté et les peuples autochtones en particulier, ont le droit de vivre les événements qui sont à venir au tour du 150e de la manière dont, eux veulent les vivre », a réagi le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Avec la collaboration de Raphaëlle Drouin

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