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Cooke-Sasseville présente une exposition NORMALE

Le duo de plasticien Cooke-Sasseville inaugure la nouvelle année à la Galerie 3 avec Une exposition NORMALE. Rencontre avec un tandem qui n'hésite pas à mettre des bottes aux pattes des coqs !

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Le duo qui travaille ensemble depuis 2000 a le vent dans les voiles. Après une année 2017 remplie de projets passionnants, notamment La rencontre à la Place Jean-Béliveau, à Québec, ou encore La trajectoire au Centre communautaire multifonctionnel des Roses, dans le secteur d’Orsainville, Jean-François Cooke et Pierre Sasseville sont de retour en galerie avec Une exposition NORMALE.

« On a voulu inviter les gens dans notre normalité », annonce d'entrée de jeu Jean-François Cooke pour expliquer la provenance du nom de l'exposition.

« On voulait montrer que l'art est normal, accessible à tous », ajoute Pierre Sasseville.

Composée de cinq oeuvres, l'exposition s'offre aux visiteurs en trois plateaux.

La première oeuvre, La tranchée, rappelle La rencontre, mais en version plus sombre et plus dramatique.

Il s'agit d'un triptyque qui met en scène trois derrières de cerfs sur fond de longues trainées rouges. Composé de matérieux habituellement utilisés par Cooke-Sassevile pour leur oeuvre d'art public, cette pièce fait la transition vers les nouvelles créations du duo.

Coqs, ours et cerveau

L'humour est de la partie avec La ponte, une pièce où deux coqs s'affrontent en tournant autour d'un étron humain, chaussés de botte de pluie et de lunettes fumées.

« On peut y voir un autoportrait », explique en riant Pierre Sasseville. « Ou encore une métaphore de la création », ajoute-t-il, plus sérieusement.

Vient ensuite, La traversée, une sculpture sur socle représentant un cerveau blanc, ayant l'aspect du marbre, traversé par deux balles de revolver.

Le banquet, lui, est décrit par Pierre Sasseville en ces termes : « le banquet consiste en une maman ours et deux petits oursons naturalisés. On a créé une poubelle classique en aluminium qu'on a étirée, qui mesure près de 7 pieds maintenant et qui devient inaccessible. Les ours tournent autour, semblent vouloir découvrir ce qu'il y a à l'intérieur. La question à se poser, c'est y parviendront-ils ? Nous on pense que non ».

Un clocher peu orthodoxe

Une exposition NORMALE se termine avec l'oeuvre Battre les cieux où l'on aperçoit la façade d'une église, aujourd'hui l'École de Cirque de Québec, dont le clocher est surmonté de batteurs à oeufs en mouvement.

La pièce est présentée dans une ambiance très feutrée qui invite au recueillement et à la réflexion. Par ailleurs, le bruit provoqué par le mouvement du batteur crée un environnement presque méditatif.

Et c'est là que se cache tout le génie de Cooke-Sasseville, dans la juxtaposition d'élément que rien ne destine à être assemblée.

Qui aurait pensé que d'un batteur à oeufs et d'une église pourrait résulter une réflexion sur la religion ? Qui aurait vu dans trois ours empaillés et une poubelle la possibilité de s'interroger sur le partage des richesses ou sur l'accès à la nourriture ?

Sous le couvert de l'incongru, les artistes nous offre une oeuvre complexe qu'on prend plaisir à découvrir.

Une exposition NORMALE vous invite dans la réalité pas banale du duo Cooke-Sasseville jusqu'au 25 février, à la Galerie 3.

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