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Coupable d'outrage au tribunal : une candidate jurée se confie après une nuit en prison

Leila Kaze est l'une des candidats jurés arrêtés mercredi pour avoir omis de se présenter à deux reprises lorsqu'ils étaient convoqués par le tribunal pour constituer un jury. Reconnue coupable d'outrage au tribunal, l'étudiante de 23 ans estime que les procédures entreprises contre elle étaient « démesurées ».

« J'ai été celle que la juge a voulu servir en exemple. Est-ce que c'était nécessaire que ce soit aussi intense? Je ne pense pas », laisse-t-elle tomber.

Leila Kaze a été arrêtée mercredi après-midi au Conservatoire de Québec, à la sortie de son dernier examen de la session. « Dans la voiture de police, c'est là que la première vague d'humiliation est arrivée. Parce que je n'ai jamais rien fait de grave. »

Mais la jeune femme n'était pas au bout de ses peines. Elle a dû passer la nuit en prison en attendant sa comparution jeudi midi. « Je suis rentrée dans la cellule. Petite cellule classique, qu'on a vue dans les films, avec toilette, métal, lit, petite couverture grise. J'ai craqué. J'ai pleuré une bonne shot. »

Elle a ensuite été emmenée devant le juge, menottes aux poignets.

Leïla Kaze reconnaît qu'elle aurait dû être plus attentive au sujet des documents de la Cour qu'elle a reçus il y a un mois. Elle admet qu'elle a mal compris les documents, rédigés en partie en anglais, et qu'elle aurait dû appeler le bureau du shérif pour obtenir une exemption.

C'est d'ailleurs ce qu'elle a fait lorsque le juge François Huot a donné une deuxième chance aux candidats jurés absents de se présenter. Leila Kaze a laissé un premier message et a rappelé à deux reprises pour tenter d'être exemptée, sans jamais obtenir un retour d'appel.

Mercredi matin, au lieu de se rendre au palais de justice, elle a choisi d'aller au Conservatoire pour un examen sous la forme d'une pièce de théâtre en groupe. « Si je ne m'étais pas présentée, il y aurait eu trois ou quatre de mes camarades qui n'auraient pas pu finir leur session. Je n'aurais pas pu non plus », explique-t-elle.

Le juge François Huot a conclu qu'elle avait délibérément ignoré un ordre de la cour et l'a reconnue coupable d'outrage au tribunal.

Leila Kaze a été libérée moyennant un dépôt de 100 $ et devra revenir en cour le 13 mai pour les représentations sur la peine. Elle pourrait écoper d'une amende et son avocat tentera de lui éviter un casier judiciaire.

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