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Coupable de meurtre, Alain Perreault demande l'annulation du verdict

Alain Perreault demande l'annulation de sa condamnation pour le meurtre de Lyne Massicotte. Il invoque la partialité du juge qui a présidé le procès.

Un texte de Yannick Bergeron

L'avocat de Perreault vient de déposer les motifs qu'il entend soulever devant la Cour d'appel à la suite du verdict de culpabilité prononcé par un jury, le 29 septembre.

Me Stéphane Beaudoin reproche au juge Richard Grenier d'avoir été « partial », d'avoir « créé un déséquilibre » en faveur de la poursuite « en influençant le jury de façon marquée ».

L'avocat souligne que lors du contre-interrogatoire difficile d'Alain Perreault, le juge Grenier « n'a pu retenir un sourire de satisfaction ».

L'avocat de la défense ajoute que le magistrat lui a fait des reproches injustifiés devant le jury en plus de poser des questions à ses témoins visant « à les embêter dans le but de les discréditer aux yeux du jury ».

Me Beaudoin rappelle qu'à la suite du verdict de culpabilité, le juge a indiqué aux jurés qu'il aurait pris la même décision.

« Cet aveu est très révélateur et pourrait expliquer les nombreuses interventions du juge de première instance à l'encontre de la défense », écrit l'avocat de Perreault.

Me Beaudoin se plaint également du « rythme effréné » imposé par le juge Grenier. Le procès qui devait deux mois a finalement été deux fois plus court.

En guise d'exemple, le juge a exigé que la défense poursuive la présentation de sa preuve un vendredi après-midi alors que Me Beaudoin demandait un ajournement pour la fin de semaine. C'est dans ces conditions qu'Alain Perreault avait entamé son témoignage.

Son avocat estime que le juge a mis en péril le droit de l'accusé à une défense pleine et entière « en rendant très difficile la préparation quotidienne de ses procureurs ».

Mister Big

La défense croit encore que la vidéo laquelle Alain Perreault avoue le meurtre à un agent double ne devait pas être soumise au jury.

Le juge Grenier a autorisé son admissibilité en preuve avant le début du procès.

D'ailleurs, en ordonnant la tenue d'un deuxième procès, la Cour d'appel avait signalé que la vidéo remplissait les nouveaux critères définis par la Cour suprême dans les enquêtes de type Mister Big.

Ce sont les directives incomplètes du juge au jury lors du premier procès qui ont convaincu la Cour d'appel d'ordonner la tenue d'un deuxième procès pour juger Alain Perreault.

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