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Coupe des nations : des produits québécois se disputent les honneurs

Dès 8 h le matin, les juges s'attablent à l'hôtel Delta. Au menu, aucun mimosa, mais bien 150 boissons alcoolisées québécoises. Durant quatre heures, les juges les dégustent à l'aveugle et décernent des médailles aux meilleurs produits du terroir québécois inscrits à la Coupe des nations.

« C’est beaucoup d’entraînement. Il faut déguster très rapidement. On prend le vin et on le crache sinon les effets du vin se feraient sentir, rigole Jean Chouzenoux, juge international et chroniqueur. On analyse très rapidement ce que l’on perçoit comme sensations. On peut neutraliser avec de l’eau ou du pain entre chaque produit. »

Les juges se basent sur quatre critères pour remplir leur fiche d’appréciation sensorielle : l’analyse visuelle, olfactive et gustative, ainsi que le jugement d’ensemble.

« On a des juges qui ont un palais exercé aux produits du terroir québécois, mais ce n’est pas nécessairement toujours le palais moyen. Il ne faut pas oublier que ce sont monsieur et madame tout le monde qui vont consommer nos produits. Alors la notion de plaisir est importante », rappelle Sébastien Villeneuve, directeur technique de laCoupe des nations 2018.

Dans un va-et-vient synchronisé toutes les cinq minutes, les serveurs arrivent dans la salle avec des bouteilles emballées dans une pochette noire. Chacune d’entre elles est numérotée. Impossible pour les juges de deviner leur contenu.

Durant les quatre heures de dégustation, le juré goûte aux vins québécois, à des hydromels, des mistelles de fruits et des spiritueux. En coulisse, les boissons sont des dans bacs remplis de glace. La température de l’alcool de chaque bouteille est calculée pour que le produit soit servi à son meilleur.

Soudainement, les juges d’une table se mettent à applaudir. Ils viennent de décerner une Grande Médaille d’Or accordée à un produit qui obtient plus de 92 points sur 100. L’alcool qui récolte de 84 à 91 points obtient la Médaille d’or et entre 82 et 83 la Médaille d’argent.

« C’est une reconnaissance de tout le travail fait dans la dernière année, mais aussi de tout le travail accompli depuis la première année, tout le savoir-faire accumulé, le fruit de toutes les erreurs qu’ils ont faites », explique M. Villeneuve.

Reconnaissances internationales

Presque tous les 18 juges de la Coupe des nations sont des directeurs ou conseillers d’une succursale SAQ. M. Chouzenoux est le seul goûteur de niveau international. Bien que le Québécois d’origine eût travaillé pour la société d’État dans le passé, depuis 8 ans, il vit sa passion en France. Pour lui, les cidres québécois sont difficiles à égaler.

« La qualité de cidre qui se fait au Québec, pour moi c’est ce qu’il y a de meilleur au monde. […] Généralement, dans tous les concours internationaux que je fais, quand il y a des grandes médailles d’or, c’est souvent des cidres de glace du Québec ».

Anibal Coutinho, oenologue du Portugal, a été juge pour la Coupe des nations durant de nombreuses années. Il estime que les vins québécois n’ont rien à envier aux autres.

« On donne les mêmes numéros de médaille et on retrouve la qualité que l’on trouve des autres pays. Je crois que c’est déjà de niveau international. »

Dans les prochaines semaines, les amateurs de vins et de boissons alcoolisées pourront remarquer les autocollants apposés sur les bouteilles des gagnants de la Coupe des nations 2018 vendus à la SAQ ou directement chez les vignerons.

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