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Course au rectorat : plus que trois semaines pour séduire le collège électoral

C'est mercredi midi que s'est tenu le premier et fort probablement le seul débat dans la course au rectorat de l'Université Laval. Les trois candidats – Éric Bauce, Sophie d'Amours et Michel Gendron – ont pu exposer leur vision sur une panoplie d'enjeux, incluant les bonis accordés aux hauts dirigeants après avoir terminé leur mandat qui avaient mis l'Université Laval dans l'eau chaude il y a un peu plus de 2 ans.

Un texte de Cathy Senay

« Vous comprendrez que moi je suis un exécutant du conseil d'administration de l'Université Laval. Je ne prendrai pas position publiquement pour critiquer mon conseil d'administration », a affirmé d'entrée de jeu Éric Bauce, vice-recteur et candidat dans la course au rectorat.

Il répondait à une question d'un étudiant sur les montants « d'après-mandats » accordés par le conseil d'administration aux dirigeants de l'Université Laval à l'automne 2014. Ces primes permettent à un haut dirigeant qui quitte son poste de conserver une portion de son salaire s'il garde un lien d'emploi avec l'Université.

Ce sujet avait fait la manchette pendant plusieurs mois puisque ces primes avaient été allouées dans un contexte de compressions budgétaires au sein du secteur universitaire. Éric Bauce propose un plafond salarial aux dirigeants des universités afin de rassurer la population.

Michel Gendron de son côté est catégorique : « Je suis contre la rémunération quand on occupe plus d'un poste. Je vais demander au conseil d'administration de revoir le tout avec son comité de rémunération. »

Pour sa part, la professeure au département de génie mécanique Sophie D'Amours croit elle aussi qu'il est souhaitable que le conseil d'administration révise cette politique. « On a vu Bombardier, les gens étaient dans la rue. Alors on comprend que c'est une condition essentielle d'acceptabilité sociale. »

Les services d'aide essentiels au bien-être des étudiants

Les cas d'agression sexuelle survenus dans les résidences du pavillon Alphonse-Marie-Parent en octobre dernier ont fait réaliser à Sophie D'Amours l'importance de former les professeurs afin qu'ils puissent mieux accompagner les étudiants, comme s'ils étaient des intervenants de première ligne.

« À l'automne, c'était évident que nous n'étions pas prêts pour faire face à ça, admet-elle. J'ai des collègues qui sont rentrés dans leur classe, ils ont figé puis ils ont commencé à écrire quand c'était le temps de parler aux étudiants parce qu'ils n'étaient pas dotés d'outils pour discuter de ce sujet-là. »

Mis à part l'importance d'accorder de nouvelles ressources aux services d'aide, l'accessibilité aux études universitaires, l'intégration et la rétention des étudiants internationauxet la qualité de l'enseignement dans l'ère numérique sont tous des points qui ont été soulevés.

Le vote

Le prochain recteur de l'Université Laval sera en place pour un mandat de 5 ans. Il sera élu par les 145 membres du collège électoral dont font partie plus d'une vingtaine d'étudiants.

Samuel Rouette-Fiset n'a toujours pas fait son choix, mais son vote ira au candidat qui sera accessible et accordera une grande place à la voix étudiante : « Et aussi les soins psychologiques aux étudiants, la qualité des services offerts sur le campus, une vision d'avenir qui campe l'université dans les enjeux de société, » ajoute-t-il.

« Je crois qu'on a de bonnes idées les étudiants. [….] Quand on s'implique, c'est aussi une belle façon de rester fidèle à notre institution. Donc, de voir que ces candidats ont cette ouverture pour qu'on crée avec eux, c'est important », estime Marie-Ève Fradette.

Le collège électoral devra se prononcer le 26 avril.

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