Retour

Cri du cœur pour valoriser les régions du Québec

En 35 ans, la population des milieux urbains a augmenté presque 2 fois plus vite que celle des milieux ruraux au Québec. Dans certaines régions, le quart des habitants n'a même pas d'épicerie à proximité. Préoccupés par ce déclin, des groupes se mobilisent pour réaffirmer l'importance des régions.

Un texte d’Alexandre Duval

Ces statistiques sont tirées d’un portait de la ruralité québécoise, qui sera présenté ce mercredi à Québec. Le mouvement Tous ruraux, qui se trouve derrière cette initiative, souhaite que le vent tourne et que le rôle des régions soit davantage valorisé.

« Il y a des liens très importants entre les milieux ruraux et les milieux urbains », explique Renaud Sanscartier, l’un des auteurs du portrait et expert agroalimentaire à la Coop Carbone.

À l’aide de données notamment tirées de Statistique Canada, le portrait de M. Sanscartier démontre qu’il faut agir pour préserver la vitalité des régions, dont le déclin démographique est indéniable.

Globalement, la population rurale du Québec a augmenté de 18 % entre 1981 et 2016. Ce pourcentage peut paraître intéressant, mais pendant la même période, la population urbaine a crû de 30 %.

Résultat : les milieux ruraux du Québec ont perdu 2 % de leur poids démographique. Ces chiffres masquent toutefois une réalité encore plus préoccupante concernant la campagne.

Disparités importantes

Pris ensemble, les milieux ruraux situés à proximité d’un grand centre urbain comme Québec, Montréal ou Gatineau ont vu leur population bondir de 107 % entre 1981 et 2016.

Pendant ce temps, la population des milieux ruraux situés dans les régions éloignées comme la Gaspésie, l’Abitibi-Témiscamingue ou la Côte-Nord a carrément diminué de 7 %.

« Ce n’est pas une surprise, commente M. Sanscartier. Les gens s’installent près des grandes villes pour les emplois et des choses comme ça, mais ils souhaitent un cadre de vie avec de l’espace et de la verdure. »

Le déclin des milieux ruraux éloignés est un « cercle vicieux », selon M. Sanscartier. « Moins il y a de monde, moins les commerces sont rentables. Mais moins il y a de commerces, moins c’est attirant pour les gens! », illustre-t-il.

Le portrait de M. Sanscartier rappelle aussi que l’an dernier, plus de 300 000 ménages en région n’avaient toujours pas accès à Internet ou avaient une connexion de mauvaise qualité.

À son avis, il est clair que les régions éloignées sont entrées « dans une spirale », mais il ne croit pas que ce soit irréversible. Il suffit de mettre l’accent sur l’interdépendance entre la ville et la campagne.

Valoriser l’apport des régions

À titre d’exemple, M. Sanscartier souligne que, lorsque les citadins veulent prendre des vacances, ils vont bien souvent se tourner vers la campagne.

Sur le plan agroalimentaire, la ville et la campagne sont également complémentaires.

Plus de 60 % des emplois du secteur agricole se trouvent en milieu rural, souligne le portrait dressé par M. Sanscartier, mais 55 % des emplois liés à la transformation agroalimentaire se situent à Montréal et en Montérégie.

« Les milieux ruraux ont besoin des milieux urbains pour transformer les produits, et les milieux urbains ont besoin des milieux ruraux pour avoir accès à la matière première de qualité », résume M. Sanscartier.

Mercredi, le mouvement Tous ruraux misera notamment sur les conclusions de ce portrait pour faire des demandes au gouvernement du Québec concernant le développement régional.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un gros chien fait des vagues en apprenant à nager





Rabais de la semaine