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Cycliste tué dans Saint-Roch : le procès du policier débute

Le procès de l'agent Simon Beaulieu de la police de Québec qui a heurté mortellement un cycliste en 2014 débute vendredi.

Un texte de Yannick Bergeron

Des résidents du quartier Saint-Roch attendent ce moment depuis plus de trois ans.

« C'est un très grand soulagement », souffle Jean Fortin, témoin du drame et membre du Comité du 3 septembre.

Des citoyens ont formé ce comité à la suite des événements du 3 septembre 2014. Ce jour-là, l'agent Beaulieu a happé mortellement le cycliste Guy Blouin avec son auto-patrouille en faisant marche arrière pour l'intercepter.

Jean Fortin affirme que son comité ne cherche pas une condamnation à tout prix, mais espère que le procès permettra de faire toute la lumière sur l'intervention policière.

« Déjà que le procès commence, je pense que c'est une victoire pour le comité. On voulait que la mort de Guy Blouin ne tombe pas dans l'oubli et on m'en parle encore et on me demande quand ça commence », raconte Jean Fortin, au sujet du procès.

L'agent Simon Beaulieu, 36 ans, est accusé de négligence criminelle et de conduite dangereuse causant la mort de Guy Blouin, 48 ans.

La négligence criminelle commande un niveau de preuve plus élevé et peut entraîner des peines plus sévères en cas de condamnation, cette accusation étant passible de la prison à perpétuité.

La conduite dangereuse qui cause la mort entraîne, au maximum, une peine de 14 ans.

Pour prouver la négligence criminelle, la poursuite devra démontrer que le policier a fait preuve d'une insouciance déréglée et téméraire.

Premier témoin

Une partie de la preuve reposera sur des témoignages d'experts qui vont analyser le travail du patrouilleur.

D'ailleurs, le premier témoin de la poursuite sera un expert en reconstitution de la Sûreté du Québec. C'est ce corps policier qui a mené l'enquête, par mesure de transparence.

Le policier Yves Brière a utilisé une voiture et un vélo miniatures pour exposer au juge ce qu’il retient de cette collision. Après avoir analysé les traces de freinage, il a conclu que le système de frein antiblocage de l'autopatrouille n’a pas fonctionné et qu’il fonctionnait par intermittence.

Pour la même raison, c'est un procureur de la Couronne de l'extérieur du district judiciaire de Québec qui pilote le dossier.

Sept témoins seront appelés par la poursuite. L'accusé doit témoigner la semaine prochaine.

Me Michael Bourget du Saguenay présentera la preuve de la poursuite alors que le policier est défendu par Me Maxime Roy. « On est prêt », a assuré l'avocat de la défense qui s'est abstenu de tout autre commentaire.

Le procès qui doit durer une semaine se déroulera devant le juge René de la Sablonnière.

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