Johnny Hallyday n'est plus, laissant dans le deuil des millions de fans en France, mais aussi un vaste public de mélomanes québécois. Daniel Gélinas a côtoyé le chanteur lors de son dernier passage au Festival d'été de Québec (FEQ) en 2012. Il se remémore quelques souvenirs de l'incontournable chanteur.

Un texte de Jean-Simon Fabien

« Je l’ai vu en concert au Parc des Princes à Paris. C’était tellement gros, toutes les stations de télévision ne parlaient que de ça. C’était un phénomène incroyable, et je me disais que ça serait fantastique de faire ça à Québec. Jean-Claude Camus qui était son gérant à l’époque me regardait un peu de travers. »

C’était en 2003 se souvient celui qui venait d’accéder au poste de directeur général du FEQ.

Johnny était alors au sommet de sa gloire. Avec Mylène Farmer, il était l'un des deux artistes qui offraient les plus grosses tournées en termes de production dans le monde francophone. « Ils ne faisaient que des tournées de stades. On parle de millions de billets vendus pour une tournée, ce que U2 peut faire actuellement », compare Daniel Gélinas.

Les années suivantes, l’équipe du festival s’est butée encore à des portes closes, jusqu’à ce qu'une opportunité se présente.

« Quand Johnny a laissé tomber Jean-Claude Camus et s’est associé à Gilbert Couillier, un producteur important en France que je connaissais et avec qui j’avais déjà fait des affaires. On a pu discuter. Entre temps, le festival avait pris de l’envergure aussi », se souvient Daniel Gélinas.

Le directeur général souligne aussi l’apport de Julie Snyder dans le processus. La démone avait invité le chanteur à Star Académie l’hiver précédent, ce qui a facilité le dialogue. C’est dans le cadre de cette association également que Marie-Mai a partagé la scène des plaines avec Johnny.

Cette édition de 2012 était également très bien garnie condirérant le nombre de chanteurs charismatiques participants. La programmation comptait également sur Bon Jovi et Aerosmith. La présence de Johnny tombait à point cette année-là.

Sur le plan humain, Daniel Gélinas conserve de bons souvenirs de l’homme, malgré son prestige et sa prestance.

« Johnny Hallyday c’est l’archétype de la personne simple, mais avec un aura incroyable. Sous son couvert sérieux, bourru même, c’était un gars qui était très sympathique », dit-il.

Il faut rappeler que le chanteur rejoignait toutes les classes sociales en France et ailleurs, des cols bleus aux intellectuels, ce qui faisait de lui un phénomène hors du commun. Il était un chanteur de variétés un peu à la Elvis ou Johnny Cash, estime finement Daniel Gélinas, alors que les grands artistes français jusque-là étaient des vedettes de la chanson comme Bref, Gainsbourg ou Brassens.

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