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De futurs pharmaciens à la recherche de stages

Les facultés de pharmacie de l'Université Laval et de l'Université de Montréal s'inquiètent pour la diplomation de leurs étudiants. Les pharmaciens propriétaires sont de plus en plus nombreux à renoncer à accueillir des étudiants en stage.

Les pharmaciens propriétaires manifestent ainsi leur ras-le-bol quant au conflit sur leurs honoraires qui perdure avec le gouvernement provincial.

Au cours des dernières semaines, près de 300 pharmaciens propriétaires ont annulé les stages qu'ils devaient superviser dans leurs propres établissements. Ainsi, le quart des étudiants n'auront pas d'endroit où aller en stage en 2017.

Or, les stages en milieu professionnel sont essentiels pour la réussite du programme en pharmacie. Ils représentent 25 % des apprentissages.

À l'Université Laval, le doyen de la Faculté de pharmacie, Jean Lefebvre, tire la sonnette d'alarme. « On assiste à une mobilisation très grande des pharmaciens propriétaires depuis quelques semaines. Le mouvement s'accroît. Nos stagiaires en font les frais. »

M. Lefebvre s'inquiète des répercussions à long terme. Des centaines d'étudiants devront retarder leur entrée sur le marché du travail.

« Il y a des pharmaciens propriétaires qui se désistent de façon permanente, d'où notre inquiétude. On manque déjà de pharmaciens et on ne pourra pas placer tous nos étudiants d'une session à l'autre. »

Les finissants ne seront pas les seuls à être touchés. Les étudiants qui désirent faire une maîtrise en pharmacothérapie avancée pour travailler dans le secteur public seront eux aussi retardés dans leur parcours scolaire. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les établissements de santé du réseau public, qui doivent déjà composer avec une pénurie de main-d'oeuvre.

Inquiétude chez les étudiants

Les étudiants des deux universités concernées sont préoccupés par la situation. Le président de l'Association générale des étudiants en pharmacie de l'Université Laval, Raphaël Gagnon-Paradis, avoue sentir une certaine pression avec les milieux de stage qui se raréfient.

« Les étudiants reçoivent des non et il y a des étudiants qui ne sont pas placés. Certains sont à quelques mois de [terminer leurs études] et on se demande si on va leur trouver un milieu pour qu'ils puissent [obtenir leur diplôme] à temps. »

Pharmaciens propriétaires déchirés

Les pharmaciens propriétaires disent ne pas avoir d'autres choix. Ils déplorent que les négociations avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, piétinent.

« Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'on le fait. En ayant moins de moyens financiers pour embaucher plus de monde, on travaille à personnel réduit. Donc la supervision de stagiaires devient de plus en plus difficile », admet la pharmacienne propriétaire de Québec Marie-Christine Desmeules, qui accueillait des stagiaires depuis 12 ans.

Au cabinet du ministre de la Santé, l'attachée presse de Gaétan Barrette se désole que les étudiants en pharmacie soient, à son avis, pris en otages. Comme le litige est en arbitrage, Julie White a mentionné qu'aucun commentaire supplémentaire ne serait fait. Elle affirme toutefois que le ministre est ouvert à discuter avec l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Les facultés de pharmacie de l'Université Laval et de l'Université de Montréal pressent le gouvernement de s'entendre avec les pharmaciens propriétaires pour mettre fin rapidement au conflit au sujet de leur rémunération.

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