Sans contrat professionnel, Robinson Opong cherchait une façon de relancer sa carrière de joueur de basketball. L'athlète de Limoilou s'est tourné vers l'Afrique. Et c'est en Ouganda, pays d'origine de ses parents, qu'il a trouvé un nouvel élan.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Le garde de 28 ans a vécu en 2017 sa première expérience au basketball international.

Nouveau membre de l’équipe ougandaise, Opong s’est frotté aux meilleurs joueurs du continent africain à l’occasion de l’AfroBasket, le championnat des nations.

« Je suis Ougandais. Mes parents viennent de là. Ça m’a fait chaud au coeur de pouvoir représenter le pays et ma famille dans un très bon niveau de jeu. », dit-il.

Produit de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf au début des années 2000, Opong a connu beaucoup de succès avec les Dynamiques du Cégep Sainte-Foy, dans les rangs collégiaux AAA.

Son talent l’a mené aux États-Unis, dans la NCAA, où il a disputé quatre saisons avec les universités Long Island et Rogers State entre 2010 et 2014. Il a pris part à deux reprises au prestigieux March Madness, le championnat national du basketball universitaire américain.

Le passeport avant le maillot

L’après-carrière universitaire ne s'est cependant pas déroulé comme il l’aurait souhaité. Blessé à la hanche, il a dû se faire opérer, ce qui a compliqué ses démarches pour obtenir un contrat professionnel.

« On te dit: “T’as pas joué l’an passé. T’as déjà été blessé.” C’est très dur, explique-t-il. Il y a beaucoup de joueurs qui sont capables de compétitionner à différents niveaux et ils cherchent tous un travail eux aussi. »

N’ayant disputé que quelques rencontres en trois saisons, Robinson relance en 2016 le projet de représenter l’Ouganda l’année suivante lors de l’AfroBasket, le championnat de basketball des nations africaines.

Les parents de Robinson sont Ougandais, mais lui n’a pas la citoyenneté ougandaise. Arrivé à Québec à l’âge de 8 ans, il est né à Nairobi, au Kenya alors que sa famille fuyait la guerre civile.

Il avait tenté de joindre la formation ougandaise en 2015, mais les démarches pour obtenir son passeport étaient complexes.

« Étant réfugiés, il nous manquait certains documents. On a dû mettre nos grands-parents là-dedans. Ç’a facilité les choses parce qu’ils vivent encore en Ouganda. Ç’a été long et frustrant. »

En Ouganda, devant les siens

Passeport en main, Robinson Opong a joint la formation ougandaise lors de l’AfroBasket présenté en septembre dernier, en Tunisie et au Sénégal. Il se souvient encore du moment où il a reçu son maillot de l’équipe nationale.

L’Ouganda a donné du fil à retorde aux puissantes équipes du Maroc et de l’Angola, mais l’équipe n’a pas été en mesure de signer la victoire lors de l’AfroBasket.

Robinson Opong a conclu le tournoi au 4e rang des meilleurs pointeurs et 6e pour les vols de ballons. Cette performance lui a valu une invitation des City Oilers de Kampala pour prendre part au championnat des clubs d’Afrique.

Une autre expérience qu’il n’est pas prêt d’oublier, surtout qu’elle lui a permis de renouer avec les membres de sa famille, dans la capitale ougandaise.

« C’était à Kampala. J’ai eu la chance d’y aller et après le tournoi, j’ai visité mes grands-parents, mes oncles, mes cousins. C’était très bien. »

Des arguments pour décrocher un contrat

Robinson Opong est de retour à Québec depuis décembre. Motivé, il s’entraîne en salle et passe régulièrement par le gymnase de son ancienne école secondaire pour toucher au ballon.

Grâce à ses récentes performances en Afrique, il croit avoir en main les arguments pour finalement convaincre une équipe professionnelle de l’embaucher.

« Pour avoir une chance de jouer, il faut que t’aies de quoi de tangible. Des statistiques. Maintenant, j’ai ça. Lorsqu’on cogne à des portes, les gens écoutent au lieu de juste te renvoyer chez toi. »

En attendant l’appel d’une équipe, Robinson se prépare à retourner en Afrique.

L’Ouganda compte sur lui pour l’aider à se qualifier pour la Coupe du monde de basketball qui aura lieu en Chine en 2019.

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