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Déboutés en cour, les retraités de la White Birch veulent faire appel

Les retraités de l'usine Papiers White Birch de Québec contestent le rejet de leur poursuite en dommages de 75 millions de dollars intentée contre le syndicat Unifor.

Un texte de Louis Gagné

Les anciens travailleurs soutiennent que la Cour supérieure a minimisé le préjudice qu’ils ont subi en étant tenus à l’écart des négociations entre Unifor et BD White Birch Investment (BDWBI) portant sur la relance de l’usine Stadacona.

Ces pourparlers ont mené à la conclusion d’une entente en 2012 qui s’est traduite par une réduction de 30 % de la rente des retraités de l’usine. Ces derniers reprochent à Unifor d’avoir négocié et entériné l’entente sans les avoir consultés.

Les ex-employés assurent qu’ils auraient rejeté l’offre patronale si elle leur avait été présentée. Ils prétendent que ce rejet aurait amené l’employeur à soumettre une proposition plus généreuse.

Jugement défavorable

Or, dans un jugement rendu le 29 mai, la Cour supérieure a statué que rien ne permettait de démontrer que le rejet de l’offre, qualifiée de finale par l’employeur, aurait amené celui-ci à la bonifier. Elle avance même que son acceptation a permis aux retraités de minimiser leurs pertes.

La Cour a donc rejeté la demande introductive d’instance en dommages présentée par les retraités de l’usine Stadacona, et ce, même si elle reconnait qu’Unifor a « faite preuve de négligence grave » et « fait fi » de leurs droits en ne les ayant pas consultés avant de ratifier l’entente.

Le Regroupement des employés retraités de White Birch – Stadacona, qui compte 448 membres, affirme que la Cour supérieure a erré en s’attardant uniquement à l’offre finale soumise par l’employeur en mars 2012, sans tenir compte « des fautes continues commises » par Unifor dans le contexte plus large des négociations.

Offre « cachée »

Selon les retraités, la position « intransigeante adoptée par [Unifor] tout au long des négociations concernant les régimes de retraite » leur a causé préjudice.

Ils dénoncent notamment le fait que le syndicat ne leur ait pas présenté une proposition soumise par l’employeur le 2 août 2011 qui « leur était nettement avantageuse et se trouvait à réduire considérablement la perte qu’ils étaient appelés à subir ».

« La preuve a clairement démontré que cette proposition, qui au surplus leur a été cachée, aurait permis aux [retraités] de réduire leur perte à 10 % au lieu de 35 %, représentant une somme estimée par expertise à plus de 32 millions de dollars », peut-on lire dans la déclaration d’appel du Regroupement.

Les retraités allèguent que l’obstination du syndicat à vouloir imposer le « modèle » Abitibi-Bowater à l’employeur a provoqué une volte-face chez ce dernier qui a conduit à une « diminution substantielle » de ses offres.

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