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Décès d'un camionneur dans Charlevoix : la coroner recommande d'améliorer la formation

Le conducteur d'un poids lourd qui a péri dans un lit d'arrêt en septembre 2013 à Petite-Rivière-Saint-François n'avait pas toutes les qualifications nécessaires pour manoeuvrer son véhicule, surtout dans un milieu escarpé comme Charlevoix. La coroner Andrée Kronström recommande une nouvelle formation obligatoire pour les camionneurs.

Le 3 septembre 2013, Yann Turnbull-Charbonneau s'est engagé dans le lit d'arrêt avec son véhicule muni d'une pompe à béton pour tenter d'éviter un autobus scolaire. Le système n'a pas freiné le véhicule qui a terminé sa course dans un ravin.

Lors de l'enquête, il a été établi que le camionneur roulait à plus de 153 km/h lorsqu'il s'est engagé dans le lit d'arrêt. 

Bien que l'efficacité de l'infrastructure ait été mise en doute lors de l'enquête, la coroner souligne que des améliorations ont été apportées depuis au lit d'arrêt. Le ministère des Transports a notamment investi près de 5 millions de dollars pour sa reconfiguration et ajouté des filets d'acier permettant d'immobiliser d'urgence un camion. 

La coroner suggère plutôt à la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) de rendre obligatoire la formation de base pour détenir un permis de classe 1 pour la conduite de véhicule lourd. Des centres professionnels offrent actuellement une formation de 615 heures, mais elle demeure facultative.

« Ça donne plus d'acquis. Il a plus d'outils pour affronter une situation pour laquelle il était moins sujet à être confronté », soutient la coroner Kronstöm en entrevue.

Yann Turnbull-Charbonneau n'avait pas l'habitude de conduire un camion dans une région montagneuse et utiliser le frein moteur. Le camionneur avait réussi un examen pratique, mais il n'avait pas complété une telle formation. 

Me Kronström demande à la SAAQ de travailler de concert avec le milieu pour élaborer une formation complète et obligatoire incluant des mises à niveau des pratiques des camionneurs.

Des freins défectueux

La coroner insiste également sur la nécessité de former les camionneurs pour qu'ils puissent procéder adéquatement à l'inspection de leur véhicule, surtout lorsqu'ils circulent en région montagneuse.

Lors de l'accident en 2013, trois défectuosités majeures ont été décelées sur le système de freinage du camion. Or, Yann Turnbull-Charbonneau a omis de faire un arrêt complet dans l'aire de vérification des freins avant de s'engager dans la côte pour vérifier si ses freins étaient en surchauffe. Il n'a pas non plus utilisé adéquatement son frein moteur.

« Ces aires de vérification des freins servent justement à faire refroidir le système de freinage et le camionneur ne peut pas manquer son test de freinage », a réagi le porte-parole de Contrôle routier Québec, Benoît Lapierre.

Selon des statistiques de 2014, moins de 10 % des camions s'arrêtent néanmoins dans l'aire de vérification des freins à Petite-Rivière-Saint-François. Le directeur du Centre de formation en transport de Charlesbourg, Eddy Vallières admet que c'est une lacune.

« Effectivement, c'est un point faible. Les jeunes chauffeurs le font souvent, mais moins souvent avec les années. Ça prend de la formation continue. »

M. Vallières accueille donc positivement les recommandations de la coroner sur la formation. Il apporte toutefois quelques précisions.

« Tous les camionneurs n'ont pas de formation : ce n'est pas la situation dans la province. C'est quand même les deux tiers de tous les camionneurs qui ont un DEP (diplôme d'études professionnelles) actuellement », nuance-t-il.

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