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Démocratie Québec : un premier débat pour l'élection d'un chef

François Marchand et Anne Guérette se sont affrontés devant une salle comble, mercredi soir, à l'occasion du premier débat de la course à la direction de Démocratie Québec. Après plus de 1 h 30 de discussions, les premières lignes de fractures entre les deux candidats sont apparues au sujet du 3e lien.

La position de François Marchand est bien arrêtée. « Je ne comprends pas comment on peut mobiliser autant d'énergie sur quelque chose de totalement hypothétique qui ne se réalisera probablement jamais », a-t-il lancé.

L'avocat de carrière soutient que la construction d'un nouveau pont ou tunnel ne fera qu'accentuer l'étalement urbain et la congestion automobile à moyen terme. « J'ai beaucoup de réticences là-dessus et je vais m'opposer au 3e lien, c'est sûr. »

Anne Guérette a rétorqué sans attendre à cette position tranchée de son adversaire.

« C'est une mauvaise décision politique et un manque de respect pour ceux qui veulent un 3e lien. [...] Cette position politique est encore en train d'ériger un mur entre les gens du centre-ville et les gens des banlieues », a-t-elle dénoncé.

La conseillère municipale de l'opposition plaide qu'il est « trop tôt, avec l'information dont on dispose, pour trancher de façon catégorique. »

L'importance de la mobilité durable

Les deux candidats s'entendent toutefois sur la plupart des grands enjeux de la mobilité durable.

Anne Guérette souhaite d'ailleurs en faire le sujet central de sa campagne électorale et propose un investissement de 200 millions de dollars sur 4 ans dans le transport en commun, les infrastructures pour les transports actifs et l'intermodalité.

De son côté, François Marchand est convaincu que le réseau de transport en commun pourrait être amélioré à faible coût pour les contribuables en développant des partenariats avec l'Université Laval et les cégeps de Québec.

Ainsi, les institutions scolaires financeraient, en partie, des laissez-passer mensuels universels à coût modique pour que les étudiants aient accès au transport en commun pour la durée de leurs études.

« Ça viderait l'Université et bien des cégeps de nombreuses automobiles. [...] Ça ne coûte pas cher et ça augmente la fluidité de la circulation », avance-t-il en donnant l'exemple de l'Université de Sherbrooke où un système de laissez-passer universel aurait permis d'éliminer une voiture sur cinq sur le campus dès la première année.

François Marchand suggère que ce modèle pourrait être élargi aux entreprises et aux édifices gouvernementaux qui manquent de stationnements.

Ceci dit, les deux candidats se défendent bien de vouloir « partir en guerre contre l'automobile » et soutiennent que les différents modes de transports peuvent très bien cohabiter au sein d'une même ville.

Unis contre le Phare

Sur les autres enjeux, les deux aspirants chefs de Démocratie Québec sont plus difficiles à différencier. Une chose est sûre, Anne Guérette et François Marchand sont formellement opposés au Phare, ce projet immobilier qui prévoit la construction d'une tour de 65 étages à la tête des ponts.

Ils insistent pour que le Plan particulier d'urbanisme (PPU), qui prévoit un maximum de 29 étages, soit respecté. « Ce bâtiment-là est en rupture totale avec son environnement », plaide François Marchand en rappelant que le PPU a été adopté après des consultations publiques et accepté par les résidents du secteur.

« On donne à un promoteur le développement du boulevard Laurier pour les 20 prochaines années. C'est un mauvais projet. Il faut le coucher à l'horizontale pour créer plus de richesse collective et créer un meilleur milieu de vie », renchérit Anne Guérette.

Environ une centaine de personnes se sont déplacés pour assister à ce premier débat entre les deux candidats présenté au bar la Ninkasi sur la rue Saint-Jean.

Un deuxième débat aura lieu le 23 novembre et les membres de Démocratie Québec choisiront leur nouveau chef le 4 décembre.

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