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Des activités sportives compromises par des frais de location trop élevés

Les nouvelles politiques tarifaires de la Ville de Québec pour la location d'équipements sportifs compromettent la tenue de certaines activités qui s'adressent aux adultes. Des clubs de maîtres, composés de sportifs de 21 ans et plus, sont forcés d'annuler ou de réduire leurs activités.

Un texte de Aude Brassard-Hallé

Le Club de water-polo des Hydres de Québec n'aura pas d'équipe compétitive pour femmes cette année. Les nouveaux frais d'une quarantaine de dollars de l'heure exigée pour la location des piscines sur l'ensemble du territoire de la Ville de Québec ont eu raison de cette activité.

« Chez les filles qui étaient compétitives, ça représentait une hausse de 800$ [pour la session], explique Renaud Bergeron, président du club. Les filles ne sont pas très nombreuses et s'entraînaient beaucoup. Comme ça représentait une grosse dépense, on a perdu presque toute notre équipe de filles qui faisaient de la compétition. »

Alors que la location de piscines intérieures a longtemps été gratuite pour tous sur le territoire de la Ville, plusieurs arrondissements ont ajouté des frais dans les dernières années pour les clubs de maîtres, explique Jacques-Olivier Demers, qui dirige le Club Québec Excellence Synchro.

Au fil du temps, les entraînements pour les adultes pratiquant la nage synchronisée ont été déplacés vers Sainte-Foy, qui a maintenu la gratuité pour tous jusqu'en 2016. L'arrondissement a choisi cette année d'harmoniser sa politique avec le reste de la Ville, et d'imposer des frais de location.

« Ce n'est pas forcément prohibitif, mais tout est relatif », affirme Jacques-Olivier Demers, qui évoque lui aussi les nombreuses heures passées dans l'eau par les nageuses.

« On travaille encore à revoir notre tarification, pour voir comment on peut faire des concessions », ajoute le président, qui indique que les répercussions réelles sur le nombre d'inscriptions ne sont pas encore mesurables, puisque la période des enregistrements n'est pas encore terminée.

M. Demers s'attend toutefois à une baisse, puisque le montant à débourser a pratiquement doublé pour les entraînements de maître avancés, se chiffrant maintenant à 1850 $ pour deux entraînements par semaine.

« Ce n'est pas la situation idéale, mais on n'est pas une exception », plaide Jacques-Olivier Demers, qui rappelle que les « ligues de garage » de hockey ont connu une hausse importante de leurs frais de location en 2012.

Des équipes tentent d'être imaginatives, en utilisant notamment le fait que la location est toujours gratuite pour les jeunes de 21 ans et moins. Elles jonglent donc avec les horaires, pour faire une utilisation mixte des bassins. Ainsi, si la piscine est utilisée à 50 % par des enfants, la facture sera elle aussi amputée de moitié.

La situation a été expliquée aux maîtres, et les tarifications pourraient être revues.

Des locations de patinoires coûteuses

Les utilisateurs de patinoires se retrouvent dans une situation similaire depuis quelques années après la hausse significative des coûts de location et la mise en place d'une politique qui favorise les enfants.

« Les clubs ne veulent pas avoir d'adultes à la place des enfants, explique Anika Bélanger, qui pratique le patinage de vitesse depuis de nombreuses années. Donc, on n'a pas eu le choix de sortir du système, et de créer notre propre équipe. »

Les Mustangs de Québec s'entraînent vers 7h à l'aréna de Sainte-Foy deux matins par semaine. Une facture qui grimpe à plus de 10 000 $ pour la location des glaces, même sans avoir de plages horaires fixes.

Une facture difficile à payer quand on considère que l'équipe compte une douzaine de patineurs seulement.

Les membres de l'équipe ont multiplié les démarches auprès des représentants de la Ville pour tenter de trouver des arrangements, en utilisant notamment des comparatifs avec d'autres villes du Québec. Sherbrooke, par exemple, loue ses glaces une trentaine de dollars de l'heure de moins.

L'équipe réfléchit notamment à l'idée d'ouvrir ses portes aux moins de 21 ans, pour tenter de diminuer les frais de location.

Des équipes de patinage artistique, elles, choisissent plutôt de s'exiler vers des glaces en périphérie de la ville, notamment dans Lotbinière ou encore en Beauce, pour réduire les frais, mais également en raison du manque de disponibilité.

Les différents clubs de sports aquatiques souhaitent maintenant développer une stratégie et faire front commun pour tenter de trouver un terrain d'entente acceptable. La Ville de Québec toujours pas répondu à nos questions dans ce dossier.

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