Retour

Des agents autochtones patrouilleront la réserve faunique des Laurentides

Les chasseurs et pêcheurs qui fréquentent la réserve faunique des Laurentides croiseront bientôt des patrouilleurs de la nation huronne-wendat. Deux gardiens de territoire de Wendake prêteront main-forte afin de s'assurer du respect de la réglementation dans le secteur protégé.

Un texte de Maxime Corneau

« Ils peuvent émettre des constats d’infraction aux gens pris en flagrant délit […] C’est le même type de responsabilités et de pouvoirs que ceux des gardiens de territoire de la SEPAQ », explique Simon Boivin, responsable des relations avec les médias pour la Société des établissements de plein-air du Québec (SEPAQ).

Ce projet pilote sera d'une durée de deux ans. La SEPAQ prévoit que les deux agents hurons-wendat patrouilleront en forêt près de 200 heures annuellement.

« Enfin ! »

Pour le grand chef de la Nation Huronne-Wendate, Konrad Sioui, l’annonce de ce partenariat est une bonne nouvelle qui lui laisse toutefois un goût amer. « On avance. Mais je ne suis pas satisfait de la vitesse à laquelle on avance », lance-t-il.

Wendake demande depuis des années de pouvoir cogérer la ressource faunique de la réserve située sur le territoire ancestral de la nation, en partenariat avec Québec.

La communauté est déjà gestionnaire d’un petit territoire, le secteur Tourilli, situé à l’ouest de la réserve faunique. Or, Wendake aimerait maintenant obtenir la gestion de l’ensemble du territoire. L’objectif à long terme du grand chef Sioui laisse peu de place à l’interprétation.

À ce sujet, la SEPAQ précise par contre que l'entente de deux ans ne concerne pas la gestion de la réserve faunique des Laurentides, mais se limite à la présence de deux agents de territoire pour patrouiller les lieux.

Inquiétudes des chasseurs et pêcheurs

L'arrivée de ces nouveaux agents dans la réserve faunique est toutefois loin de faire l’unanimité. Marc Renaud, le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, craint que ses membres y perdent des accès.

« Ça fait peur. J’ai l’impression qu’on pourrait perdre ce territoire-là. […] J’ai l’impression que ça va venir sous le contrôle des autochtones dans pas grand temps », déplore-t-il.

M. Renaud salue toutefois l'augmentation des heures de patrouille en forêt avec l'ajout des nouveaux agents, ce qui ne peut qu’être bénéfique pour la protection de la faune selon lui. Il espère par contre que les utilisateurs de la réserve faunique seront bien informés sur le nouveau projet pilote.

Dialogue entre les communautés

Le chef Konrad Sioui rétorque que la communauté non autochtone n’a rien à craindre d’une présence accrue de sa communauté en forêt. Selon lui, l’échange entre les deux groupes ne peut qu’être bénéfique.

« Ils vont apprendre à mieux chasser, à mieux respecter le territoire et à mieux vivre leur spiritualité dans le bois. […] On n’est pas mieux que personne, mais je pense qu’on a quelque chose à contribuer », croit-il.

M. Sioui rappelle que les tribunaux ont affirmé le droit des membres de la nation huronne-wendat à utiliser la réserve faunique des Laurentides pour la pratique de leurs activités traditionnelles. La présence d’agents de Wendake dans la réserve n’est que la suite logique de ces décisions selon lui.

Le porte-parole Simon Boivin affirme pour sa part que les agents de Wendake devront être considérés comme des agents de la SEPAQ. « C’est un représentant de l’ordre qui doit être respecté », martèle-t-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L’amour selon le zodiaque