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Des Américains déçus chez la consule des États-Unis à Québec

Avec son chandail « Make America Great Again » à peine dissimulé sous son veston, André, un citoyen américain, semble le seul invité qui s'affiche clairement en faveur du clan Trump chez la consule générale des États-Unis à Québec. Plusieurs convives qui avaient dévisagé le partisan républicain en début de soirée mardi sont repartis avec une mine déconfite, avant même le dévoilement des résultats finaux de la présidentielle américaine.

Un texte de Jérémie Legault

Des diplomates, des hommes d'affaires, des citoyens américains : une centaine de personnes sont entassées dans la résidence de la consule générale des États-Unis à Québec, Allison Areias-Vogel, pour discuter de politique tout en jetant quelques regards distraits aux premiers résultats du vote.

Norman Laperle, un Américain qui vit au Québec depuis plus de cinquante ans est fébrile : « C'est la première fois que je vote pour un candidat à la présidence depuis que je suis ici! Je viens de découvrir que j'étais éligible, c'est fantastique », dit-il. Pour cet homme de 66 ans originaire du Vermont, pouvoir voter contre Trump est réconfortant.

L'Indiana et le Kentucky sont les premiers états remportés - sans grande surprise- par les républicains. Personne n'en fait de cas à ce moment-ci de la soirée et les discussions se poursuivent. Hillary Clinton prend même les devants pendant quelques instants, assombrissant le visage d'André, le partisan de Donald Trump.

Près de 3000 citoyens américains vivent dans la région de Québec et cette année, ils sont nombreux à avoir voté par la poste. Stacey, une professeure du Connecticut en fait partie. « Ce sont vraiment les élections les plus stressantes de ma vie », avoue-t-elle juste avant de sauter de joie en voyant son état « virer au bleu. »

Les célébrations dans l'assemblée sont de courte durée. L'avance de Donald Trump ne cesse de se creuser, attirant les invités autour des écrans. De plus en plus, les voix se taisent et les jointures blanchissent autour des coupes de vin.

Les diplomates et les fonctionnaires du consulat sont fidèles à leur devoir de réserve : impossible de déceler le moindre signe laissant entrevoir leur allégeance politique.

Mais on peut quand même imaginer que ces élections ont une importance considérable pour eux. Lorsqu'un candidat à la présidence veut séparer son pays de son voisin avec des murs, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il porte les relations internationales dans son cœur.

Autour de 22 h 30, lorsque la Floride bascule dans le camp républicain, plusieurs invités à cette soirée prennent conscience du moment. La soirée chez la consule prend fin, même si la victoire de Donald Trump n'est pas encore officiellement concédée.

Le coup est dur à encaisser pour les partisans démocrates avec la rafle de Donald Trump en Floride, en Ohio et en Caroline du Nord. André , le républicain, a passé une bien meilleure soirée et il s'en réjouit avant de partir : « Avec Clinton, les États-Unis coulent, mais Trump est là pour sauver la mise! », lance-t-il convaincu.

Bien des Américains contraints de regarder se jouer l'avenir de leur pays sur des écrans sont repartis avec un goût amer de cette soirée électorale. Le message des électeurs à la classe politique ne pouvait toutefois être plus clair.

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