Retour

Des Beaucerons exaspérés par la présence de chevreuils

Des citoyens de Saint-Georges en Beauce en ont assez de voir leur aménagement paysager détruit année après année par la présence accrue de chevreuils dans leur quartier résidentiel. Ils dénoncent l'inaction de la Ville et du ministère de la Faune dans ce dossier.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Depuis plus de cinq ans, les chevreuils ont adopté le secteur situé entre la 130e Rue et la 175e Rue, au sud-est de Saint-Georges. L'endroit est maintenant qualifié par les résidents de « quartier de bunkers » en raison des nombreuses clôtures installées autour des résidences pour limiter l’accès aux cervidés.

« Ils dévorent tout dans les jardins. Ils détruisent les fleurs, les bulbes, même les petits arbres sont attaqués par les chevreuils », déplore Robert Thibaudeau qui habite la 138e Rue.

M. Thibaudeau et ses voisins ont multiplié les démarches au cours des dernières années pour demander au gouvernement de trouver une solution à ce qu’ils qualifient de "nuisance" à leur qualité de vie. »

« On essaie de nous dire de faire du bruit et de mettre des lumières pour les éloigner, mais ça ne marche plus. Ils sont tellement habitués à venir sur nos terrains », constate Robert Thibaudeau.

« On est envahis »

La Ville de Saint-Georges se dit bien consciente de ce problème. Le directeur général de la municipalité, Claude Poulin, souligne que la construction de l’autoroute 73 a sans doute contribué à déplacer les bêtes vers le secteur urbain.

« Ces gens-là ont raison. On fait face à Saint-Georges à une problématique au niveau des chevreuils. On est envahis, c'est le mot », concède M. Poulin.

En 2016, une pétition de plus d’une centaine de signataires a été déposée pour demander aux élus de se mettre en mode solution.

« La Ville a adopté ce qu'elle pouvait comme règlement c’est-à-dire : interdire de nourrir les chevreuils. La chasse à un minimum de 100 mètres des résidences a aussi été autorisée. Une fois qu'on a dit ça, ce n’est pas nous qui avons le pouvoir de réglementer le quota de chevreuils », assure le directeur général de la municipalité.

Pas d'augmentation

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs répond pour sa part que le cheptel de chevreuils n’a pas augmenté à Saint-Georges au cours des dernières années.

La densité actuelle de population dans cette zone est évaluée à près de quatre chevreuils par km2 alors que la cible du plan de gestion du cerf de Virginie est de cinq. Il n’y a donc pas lieu de modifier la réglementation sur le nombre de cerfs qui peut être récolté en période de chasse, selon le Ministère.

Il souligne avoir reçu la confirmation que plusieurs citoyens ont nourri les bêtes, ce qui peut avoir contribué à les attirer vers les résidences.

Le gouvernement recommande aux citoyens de dénoncer les personnes qui s’entêtent à nourrir les cerfs. Il conseille également de restreindre l’accès aux haies de cèdres et aux arbres fruitiers en les protégeant et d’utiliser des répulsifs pour rendre les lieux hostiles pour les chevreuils « de façon raisonnable », précise-t-on dans un courriel.

Robert Thibaudeau est insatisfait de la réponse du gouvernement. Il affirme que les citoyens n’ont pas à dépenser des « milliers de dollars » en clôture et en aménagement paysager pour réparer les dommages causés par les chevreuils.

Le Beauceron a proposé au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs d'anesthésier les chevreuils envahissants afin de les déplacer plus loin sur le territoire.

Une pratique refusée par le Ministère qui répond que les citoyens de plusieurs municipalités, en Chaudière-Appalaches, ont appris à composer avec les cerfs qui sont omniprésents en milieu périurbain pendant l’hiver.

« Compilation d’études »

Un projet financé par la Fondation de la faune du Québec, et auquel contribue le Ministère, va également permettre de statuer sur les bonnes pratiques d’aménagement pour maintenir les cerfs en milieu forestier. Un rapport devrait être produit cet automne.

« Les cerfs qui peuvent combler tous leurs besoins en forêt sont moins tentés de s’aventurer en milieu urbain », explique le Ministère.

Robert Thibaudeau croit toutefois que cette « compilation d’études » a assez duré et qu’il est temps de passer à l’action avant que les citoyens perdent patience.

« Ça ne peut pas durer. On sent qu'on fait rire de nous. Moi, je n'accepte pas ça. Je l'ai dit carrément au Ministère et à la Ville, s'ils ne veulent pas agir, un moment donné, on va agir », prévient-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces