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Des chalets hurons-wendats construits dans le parc de la Jacques-Cartier

La construction de deux camps dans le parc de la Jacques-Cartier par des membres de la nation huronne-wendate amène le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs à demander un avis juridique pour établir si ces campements sont légaux ou pas.

Un reportage de Maxime Corneau

Les deux chalets ont été construits récemment dans le secteur Sautauriski, au nord du parc national de la Jacques-Cartier, près de la frontière avec la réserve faunique des Laurentides.

Le Règlement québécois sur les parcs permet à un membre de la nation huronne-wendate « d’abattre des arbres pour faire des feux ou pour chauffer un campement temporaire sur place » dans ce parc.

C’est ce statut de « temporaire » qui semble être au cœur du litige, selon une source proche du dossier.

Le ministère refuse toutefois de commenter cette situation jugée « hautement politique ». Un porte-parole s'est borné à dire que les avocats du ministère évaluent le dossier.

Territoire ancestral

Pour Louis Lesage, le directeur du bureau territorial de la nation huronne-wendate, la construction de ces camps situés dans le secteur Sautauriski est tout à fait légitime.

Il souligne que sa nation utilisait ce territoire bien avant l’entrée en vigueur des lois et règlements québécois sur les parcs.

« On a des cartes de 1720 qui montrent le parc de la Jacques-Cartier, donc on a une carte d’un territoire qui était utilisé par nos membres avant cette loi-là », explique-t-il.

« Il y a plein de toponymes hurons dans le parc de la Jacques-Cartier », ajoute M. Lesage.

Bien que la chasse soit interdite dans les parcs du Québec, Louis Lesage affirme que les propriétaires de ces camps ont reçu l’autorisation de pratiquer toutes leurs activités ancestrales.

« Les Autochtones ont des droits, et ces droits-là sont la chasse, la pêche et la trappe. Il peut y avoir de la chasse effectivement, mais tout ça va se faire de façon sécuritaire », affirme-t-il.

La nation ne ferme pas la porte à la création d’autres camps dans le parc de la Jacques-Cartier. M. Lesage assure que si d’autres chalets sont construits, ils respecteront des règles strictes et devront recevoir l’autorisation du conseil de bande.

Le secteur de la vallée de la Jacques-Cartier sera toutefois exclu de tout nouveau développement.

« Il n’y a pas de camps dans la vallée. 95 % de la clientèle va dans la vallée, et on n’ira pas s’installer là », assure-t-il.

Au-delà de l’occupation du territoire

M. Lesage affirme par ailleurs être en contact avec des responsables de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), gestionnaire du parc de la Jacques-Cartier, pour développer un volet d’interprétation de la culture huronne-wendate au sein du parc.

Il croit que le fait que des visiteurs puissent s’étonner de la présence des camps dénote un manque de sensibilisation.

Selon lui, le gouvernement du Québec aurait intérêt à diffuser de l’information dans tous ses parcs afin de mieux faire connaître les Premières Nations qui vivaient auparavant sur ces territoires.

« Quand les clients arrivent au parc de la Jacques-Cartier, il devrait y avoir une affiche à l’entrée qui dirait : ''bienvenue au parc de la Jacques-Cartier, ce parc se situe dans le territoire traditionnel des Hurons-Wendats'' ».

Les autorités du parc de la Jacques-Cartier ont refusé notre demande d’entrevue.

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