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Des chauffeurs de taxi de Québec contre le statut de « chauffeur amateur »

Le plan de modernisation de l'industrie du taxi présenté jeudi matin à Montréal ne fait pas que des heureux. À Québec, des représentants de l'industrie sont contre l'idée que les permis de taxi soient aussi utilisés par des chauffeurs amateurs.

S’il n’en tenait qu’à la coalition d’acteurs du milieu du taxi, qui s’est présentée devant la presse de la métropole, tous les permis de taxi au Québec pourraient être détenus soit par des chauffeurs professionnels, soit par des amateurs. Leurs obligations et privilèges seraient néanmoins différents.

Par exemple, les amateurs ne pourraient pas prendre de clients qui les hèlent ni avoir accès aux aires d’attentes pour taxis. Ils ne pourraient pas avoir de lanternon sur le toit de leur voiture et devraient verser une contribution à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

De plus, en vertu du plan présenté jeudi, un propriétaire de permis de taxi pourrait le louer pendant les heures où il ne l’utiliserait pas. Cela lui permettrait de rentabiliser son actif.

« Le nombril du Québec n’est pas à Montréal, lance le président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, Abdallah Homsy. On n’arrête pas de regarder là. Nous, on est en région. Qu’est-ce que vous nous donnez comme solution? »

Selon lui, l’idée que les permis soient exploités à la fois par des professionnels et par des amateurs aura pour effet de diminuer la qualité des services offerts aux clients.

Non à la « déréglementation »

Pour la représentante des régions au Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi, Carole Dallaire, cette idée créera carrément « deux classes de transport rémunéré de personnes. »

« On ne doit pas se ramasser avec du taxi amateur! Comment on fera pour contrôler tous ces véhicules-là quand on n’est même pas capable déjà de contrôler notre industrie présentement parce qu’il n’y a pas assez de contrôleurs routiers? », demande-t-elle.

Selon Abdallah Homsy, la proposition de modernisation présentée jeudi à Montréal correspond à une déréglementation. Or, il faut arrêter l’hémorragie, selon lui, puisque depuis l’arrivée d’Uber la valeur des permis n’a cessé de décroître, dit-il.

Dans certains cas, la perte de valeur atteint même 50 %, dit Abdallah Homsy. « Ça, ça veut dire qu’il y a deux ans, ils ont acheté des permis à 250 000 $ et là, ils sont rendus à 125 000 $. »

Le plan de modernisation présenté jeudi à Montréal a été déposé la veille au gouvernement du Québec. Le projet pilote qui a octroyé un permis d’intermédiaire en services de transport par taxi à Uber doit prendre fin le 14 octobre prochain.

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