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Des chercheurs de l’Université Laval inquiets des discours haineux 

Des professeurs en sciences sociales de l'Université Laval affirment être la cible de propos haineux dans l'espace public québécois.

Un texte de Charles D'Amboise

Dans une lettre publiée dans Le Devoir jeudi, plus d’une centaine de professeurs condamnent « des violences verbales » à leur égard véhiculées par les chroniqueurs de certains médias et leur auditoire.

Ces propos sont émis de façon plus récurrente en 2016, affirme le collectif de 103 professeurs dans une lettre envoyée aux ministres de l'Enseignement supérieur, Hélène David, de la Sécurité publique Martin Coiteux, et au Conseil de presse du Québec.

« On reproche régulièrement aux chercheurs universitaires de ne pas prendre la parole en public et de se contenter de débattre à huis-clos dans leur prétendue tour d’ivoire. La possibilité d’être exposé à de tels propos rend l’engagement public peu attrayant, voire le décourage », peut-on lire dans la lettre.

Le collectif cite en exemple des propos violents adressés par un citoyen à un professeur à la suite d’une récente conférence.

Ces propos haineux découragent certains professeurs à prendre parole dans l’espace public, selon le regroupement. Ceux qui le font en paient souvent le prix, estime Abdelwahed Mekki-Berrada, l’un des porteurs de la lettre et professeur titulaire au Département d’anthropologie de l'Université Laval.

« Nous sommes responsable de partager le savoir, c’est ce que nous faisons et nous demandons tout simplement de pouvoir le transmettre sans être harcelé ou menacé », affirme M. Mekki-Berrada.

Le regroupement demande aux élus et aux Conseil de presse du Québec de faire preuve de vigilance face au discours haineux.

« Nous proposons un dialogue et des critiques sans haine, ni violences, ni menaces », soulignent-ils.

Réalité québécoise?

La professeure de l’UQAM Maryse Potvin s'est spécialisée sur les questions liées au racisme au cours des 20 dernières années. Elle a reçu des courriels dégradants après avoir commenté la manifestation du groupe La Meute et les affrontements avec les groupes antifascistes le 20 août dernier à Québec.

« Bitch, gauchiste, tu devrais arrêter d’intervenir dans les médias […] Ça m’accusait de tous les torts et que je n’avais pas raison et que c’était de la fausse nouvelle. C’était des insultes. »

Mme Potvin aurait souhaité que les professeurs de l'Université Laval consultent d'autres établissements pour accroire l'impact de leur missive lancée jeudi. « On aurait sans doute été plus nombreux », souligne-t-elle.

Avec la collaboration de Cathy Senay

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