Devrait-on interdire certaines races de chiens au Québec? La mort violente d'une femme de 55 ans à Montréal, agressée par un pitbull, remet ce débat à l'avant-plan.

Le dresseur François Labbé, de l'Académie Tops K-9, à Lévis, est de ceux qui préconisent une loi provinciale plus sévère qui ne viserait pas seulement les pitbulls, mais bien tous les chiens dangereux.

« Lorsqu'une plainte arrive à la police ou la municipalité, on devrait toujours obliger le maître à faire une évaluation pour savoir si le chien a vraiment un risque de dangerosité. » Le dresseur suggère aussi de mieux encadrer la reproduction pour suivre la génétique de l'animal.

Le maître-chien insiste pour dire que la race de chiens n'est pas à l'origine de tous les problèmes. Les propriétaires et les éleveurs négligents sont aussi en cause.

« Si on encadre mal les éleveurs au Québec et qu'ils peuvent accoupler des femelles, avec déjà des problèmes de comportement, avec un mâle à fort tempérament, c'est sûr que les chiots de cette portée-là pourraient développer de l'agressivité en vieillissant. »

Le pitbull en cause?

M. Labbé admet que le pitbull est plus agressif et prompt à réagir, mais d'autres chiens doivent être « plus encadrés ». Les chiens les plus dangereux ne naissent pas agressifs la plupart du temps : ils le deviennent, peu importe la race, selon lui.

« Depuis les 10 dernières années, j'ai beaucoup traité de problèmes d'agressivité venant de golden retriever. Avec les films Toby, les mauvais éleveurs ou les particuliers ont reproduit la race, et maintenant on voit de plus en plus de cas d'agressivité ou d'hypersensibilité envers ces races-là. »

Force est d'admettre toutefois que les attaques de pitbulls font souvent la manchette. À ce sujet, il maintient que les éleveurs de pitbulls qu'il côtoie sont « consciencieux et que les chiens n'ont pas de problèmes de comportement ».

Il déplore que les propriétaires se procurent de plus en plus des animaux sur Internet et dans les petites annonces, sans connaître leur pedigree.

« Le pitbull n'est pas une race de chiens, c'est un type de chiens. Il y aurait six ou sept races en ce moment au Québec qui seraient de type pitbull. Dans ces races-là, ils ne sont pas tous aussi réactifs que certains autres », précise-t-il.

Le Dr Claude Martineau, vétérinaire et vice-président de la SPA à Québec, insiste aussi sur la responsabilité du propriétaire d'un animal.

« Il y a des chiens qui ont des problèmes de santé mentale et souvent on peut les dépister très jeunes. Et s'il y a un doute qu'un animal peut être agressif, le propriétaire a la responsabilité de prendre les moyens pour contrôler son chien », affirme le Dr Martineau.

Encadrer les chiens dangereux

François Labbé croit que le gouvernement provincial, et non pas les municipalités, devrait adopter une législation pour encadrer les chiens dangereux.

L'Ontario interdit les pitbulls depuis 2005. Ces chiens sont autorisés sur le territoire de la ville de Québec, mais ce n'est pas le cas à Lévis.

À Montréal, la Ville projette de centraliser - dès 2018 - la gestion des chiens dangereux afin d'assurer un niveau plus élevé de contrôle.

Joey Martin de la SPA de Québec démontre comment tester l'agressivité d'un pitbull.

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