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Des citoyens de Saint-Roch se mobilisent contre les bâtiments abandonnés

Le Comité citoyen de Saint-Roch dénonce toujours la présence de bâtiments abandonnés dans le quartier. Malgré une diminution du nombre d'édifices désaffectés depuis trois ans, le comité blâme l'inaction de la Ville de Québec et des promoteurs immobiliers.

Un texte de Aude Brassard-Hallé

En 2013, le comité avait dressé un inventaire exhaustif des bâtiments abandonnés du quartier en ratissant les rues, appareils photo à la main. Résultat : une liste d'une quarantaine d'édifices laissés à l'abandon, dont certains depuis plusieurs années.

Le rapport a été remis à la Ville de Québec avec une série de questions sur les actions à poser pour améliorer la situation. Dans une dizaine de cas, les bâtiments appartenaient à des individus qui n'avaient pas les moyens de faire les rénovations.

Trois ans après le dépôt du rapport, une douzaine d'édifices sont toujours abandonnés. Marc Grignon, un membre du comité, estime que la Ville aurait pu faire mieux.

« On se demande si la Ville veut vraiment conserver ses bâtiments. On se questionne sur quelle est la vision de la Ville sur l'avenir du quartier Saint-Roch », lance-t-il.

État des lieux

De nombreuses fenêtres du quartier sont placardées. Plusieurs façades sont couvertes de graffitis. C'est le cas notamment de l'ancien Foyer du meuble, qui a été laissé à l'abandon. 

D'autres bâtiments du secteur sont en partie désertés. Le local commercial du 321 de la Couronne, qui était autrefois occupé par la Taverne 321, est vacant depuis plusieurs années.

Des développeurs en attente?

Pour le Comité de citoyen du quartier Saint-Roch, une partie du problème repose sur le manque de contrôle de la Ville. Mais à cela s'ajoute selon Martin April, le fait que plusieurs développeurs immobiliers ont acheté des propriétés, et attendent l'entrée en vigueur du nouveau Programme particulier d'urbanisme (PPU) pour construire. « Dans le cadre du nouveau PPU, il va y avoir des changements de réglementation qui vont permettre aux promoteurs de bâtir des bâtiments plus hauts que la réglementation actuelle, analyse-t-il. On imagine bien que l'intérêt financier prime. »

Un projet de condos sur la rue Saint-Vallier Est, illustre bien cette problématique : le bâtiment est voué à la démolition depuis plusieurs années. Tout est prêt pour la construction, mais, depuis plus de quatre ans, rien ne bouge.

De son côté, la Ville de Québec affirme que les pouvoirs dont elle dispose en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme sont limités, complexes et coûteux. On espère de nouveaux pouvoirs, inédits, pour intervenir en cas d'abandon d'immeubles.

En juin, la conseillère qui pilote le dossier, Julie Lemieux, avait illustré les demandes de la Ville dans le cadre de la négociation sur la Loi sur la Capitale-Nationale comme étant « une espèce de DPJ des bâtiments. »

Des projets déjà réalisés

Tout n'est toutefois pas noir : dans certains cas, les bâtiments ont étés rénovés, démolis ou remplacés. C'est le cas notamment du 802 rue Saint-Joseph, qui, après des années à l'abandon, a été entièrement rénové. L'immeuble abritera bientôt un bistro à champagne.

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