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Des commerçants de Stoneham dénoncent une hausse de taxes de 35 %

Frappés par une hausse de leur taux de taxation de 35 %, des dizaines de commerçants ont envahi lundi soir la salle du conseil municipal de Stoneham pour dénoncer cette mesure contenue dans le dernier budget de la municipalité.

Un texte de Nicolas Vigneault

Dès le début de la séance, le maire Claude Lebel a indiqué qu’il n’avait pas l’intention d’expliquer la décision de son administration. À la grande surprise de plusieurs.

« Ce soir le conseil est en mode écoute », a-t-il expliqué avant d'énumérer les différents le taux de taxation contenu dans le budget.

Dans sa présentation, Claude Lebel a toutefois défendu le budget déposé par la municipalité.

Il soutient également que le Fonds de surplus de la municipalité s’élève à peine à 23 000 $, ce qui laisse très peu de marge de manoeuvre pour réaliser des projets.

Mécontentements

La présidente de la Communauté affaires et tourisme Stoneham (CATS) a été la première à s’amener au micro pour exprimer son mécontentement.

« Dans votre programme électoral vous avez dit, cela ne veut pas dire de taxer les entreprises. Monsieur le maire maintenant que vous avez remporté la majorité au conseil, vous devez respecter vos promesses », a lancé Sophie Garneau, présidente de la CATS.

Le maire Lebel a admis que cette hausse de taxe peut être difficile, mais il estime que le nouveau conseil devait prendre cette décision.

« Pendant trop longtemps, les citoyens ont financé les entreprises. Ce qu’on fait cette année, c’est un budget pour rétablir l’équité », a répliqué le premier magistrat.

M. Lebel souligne toutefois que son administration est toujours en réflexion sur cette augmentation que doivent subir les commerçants.

« C’est 35%, mais on part de 83 cents », martèle Claude Lebel revenant ainsi sur le tarification que l’on retrouve à Stoneham en comparaison avec d’autres municipalités comparables.

« La situation ne paraît beaucoup plus grave qu’elle ne l’est. La dette est de 25 M $. On a un sérieux coup de barre à donner. On ne pouvait plus demander aux citoyens de donner un autre coup de barre », faisant ainsi référence au fait que le budget ne prévoit aucune augmentation de taxes pour le secteur résidentiel.

Avenir en péril?

Geneviève Ajass, copropriétaire des Chalets Alpins, fulmine en entendant les arguments du maire. « Au cours des dernières années, nos taxes ont augmenté de 10 % par année, donc pas vrai que les citoyens paient pour le secteur commercial », peste Mme Ajass.

Plusieurs propriétaires de résidences gérés par Chalets Alpins ont d’ailleurs raconté que la dernière décision de la municipalité met en péril le système de location des quelque 200 chalets construits en pleine montagne.

Le propriétaire de la garderie Perlimpinpin, Jacques Martineau, a plaidé sa cause devant le conseil municipal en mettant en lumière qu’il est en affaires dans un secteur règlementé. « La facture, on ne peut pas la refiler à d’autres. C’est une coupure directe qui vient affecter nos services », affirme M. Martineau.

Conseiller repentant

Dans une déclaration, le conseiller Mario Bidégaré a indiqué comprendre la colère des commerçants.

« Je regrette d’avoir adopté ce budget », a lancé le conseiller en ajoutant que le conseil se penchait sur des solutions possibles pour atténuer l’augmentation.

M. Bidégaré était candidat pour l'équipe du maire sortant, Robert Miller, défait par le maire actuel Claude Lebel lors des dernières élections en novembre.

Ce dernier a conclu le débat en indiquant que la municipalité allait tenir un point de presse mardi en début d’après-midi pour dévoiler le fruit de sa réflexion.

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