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Des commerçants frustrés par les bris d'aqueduc à Lévis 

Plusieurs commerçants du Vieux-Lévis déplorent la fréquence des bris d'aqueduc dans leur secteur et la lenteur de la Ville à effectuer les réparations requises. La Ville affirme au contraire augmenter ses investissements pour améliorer ses infrastructures. 

La propriétaire du bistro Saint-Louis n'est pas près d'oublier l'été 2015. La réfection complète de la rue Saint-Louis a compromis l'accès à son commerce. La présence de la machinerie et le bruit des travaux ont fait fuir une part importante de sa clientèle, déplore Sarah-Claude Trottier.

« On parle d'une perte de 40 % du mois d'août à novembre », évalue-t-elle.

Non loin de là, sur la rue Dorimène-Desjardins, Martin Larochelle a dû fermer son garage durant deux mois. S'il a pu toucher une indemnisation de la Ville, il affirme que plusieurs clients ont fait réparer leur voiture ailleurs et ne sont pas revenus depuis.

Rien pour l'aider, les travaux qui devaient se terminer l'automne dernier reprendront au printemps. « Ils reviennent en mai. Ils doivent taponner un mois et demi peut-être encore », soupire-t-il.

Un réseau mal en point?

Selon les chiffres compilés par Radio-Canada, Lévis a connu 67 bris de conduites d'eau potable en 2015. À deux reprises, les résidents touchés ont reçu un avis de faire bouillir l'eau.

La Ville a aussi dû procéder à des travaux prévus sur son réseau à 80 reprises : 25 interventions ont entraîné une interruption de l'approvisionnement en eau et 6 réparations ont provoqué l'émission d'avis d'ébullition.

Pour la Ville de Lévis, ce bilan n'a rien d'anormal.

N'empêche, Lévis a encore des efforts à faire afin de se conformer aux objectifs de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable, qui prévoit que les villes devront respecter un taux de fuite de 20 % dans leurs réseaux d'aqueduc d'ici 2017.

En 2014, Lévis évaluait gaspiller 30 % de l'eau potable qu'elle distribuait à ses citoyens. La même année, la Ville de Québec estimait son taux de fuite à 21 %.

13 M $ d'investissements

À la Ville de Lévis, on affirme répartir également les investissements entre l'entretien du réseau existant et son expansion, rendue nécessaire par l'augmentation de la population.

Ainsi, 13 millions de dollars seront investis dans la réfection ou l'ajout de conduites d'aqueduc en 2016. À lui seul, le remplacement d'une imposante conduite située sous la rivière Chaudière accapare plus de 4 millions de dollars. La Ville affirme ne pas avoir le choix d'agir, vu la détérioration avancée du tronçon qui alimente en eau potable quelque 50 000 personnes des secteurs Saint-Rédempteur, Saint-Nicolas et Saint-Étienne.

« La Ville de Lévis a fait le choix d'investir massivement dans ses infrastructures, dans le maintien de ses infrastructures », défend Étienne Morissette, conseiller en communication à la Ville de Lévis.

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