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Des enfants sans nourriture pendant plusieurs jours en guise de punition

Le pasteur Claude Guillot aurait privé des enfants de repas pendant plusieurs jours. C'est ce qu'a affirmé un témoin qui a fréquenté pendant 13 ans, avec ses frères, l'école dirigée par Guillot dans son sous-sol.

Un texte de Jonathan Lavoie

« Moi, le plus que j’ai fait, c’est six repas en ligne sans manger », a raconté au juge celui que nous appellerons Julien pour protéger son identité. Un autre pensionnaire du pasteur aurait également passé près de quatre jours sans avoir droit à un repas.

Selon le témoignage de Julien, la privation de nourriture était une punition fréquente pour corriger les mauvais comportements des pensionnaires.

Cette conséquence aurait souvent été couplée à des exercices intenses, des squats imposés par centaines ou par milliers par le pasteur.

« J’ai toujours vu Claude Guillot nous pousser jusqu’aux limites, mais pas trop, pour ne pas qu’on se ramasse à l’hôpital », a raconté l'homme qui a témoigné d’une voix assurée tout l'avant-midi.

Violences physiques

Julien a également rapporté plusieurs épisodes de violence physique qui se seraient déroulés dans le sous-sol de Claude Guillot.

Un dimanche après-midi où les enfants étaient censés faire la sieste, il se souvient avoir rampé sur le sol du salon pour récupérer un jouet pour enfant, une tablette à écrire.

Il était persuadé d’avoir réussi à déjouer les détecteurs de mouvement installés dans le salon, mais Claude Guillot se serait rendu compte du subterfuge.

« Il arrive dans le salon, m’empoigne et me donne un coup de poing, a raconté Julien. Il m’a donné d’autres coups, claques au visage et tout ça. […] J’ai eu droit à une volée. »

L'homme a témoigné avoir été agressé physiquement au moins à trois reprises par le pasteur. Il aurait aussi été témoin de plusieurs épisodes où les autres enfants auraient subi le même sort.

« Quand il pétait une coche et nous agressait physiquement, on n’avait aucune défense », a déclaré le plaignant en parlant d’un climat de terreur.

Claude Guillot fait face à 22 chefs d’accusation pour des sévices physiques et psychologiques qu’il aurait fait subir à six présumées victimes.

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