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Des enseignants inquiets du nombre d’élèves en difficulté dans les classes

La recherche, menée à partir de données colligées dans près de 300 classes dites « ordinaires » de la région de Québec, avait pour objectif de mieux comprendre la composition de celles-ci.

« On voulait savoir exactement où étaient les élèves, explique le président du SERQ, Denis Simard. Ce qui ressort, c’est qu’il y a beaucoup d’élèves qui sont à risque, et qui ont besoin de plus que de leur enseignant pour espérer réussir. »

Dans certaines écoles, il y avait plus d’élèves à risque que d’élèves dits réguliers, selon les enseignants. Et ça, c’est alarmant

Denis Simard, président du SERQ

Véritable égalité des chances?

Les résultats amènent le syndicat à questionner à nouveau la sélection des élèves dès le primaire, et les procédés d’intégration. « On est venu dénaturer en quelque sorte la classe ordinaire », avance son président Denis Simard, qui affirme que le mouvement est en pleine accélération.

Selon lui, cette surreprésentation des élèves en difficulté ou à risque, combinée à la sélection des élèves aux meilleurs résultats scolaires pour les diriger vers des programmes enrichis, peut avoir des répercussions importantes sur les élèves au cheminement régulier.

« Moi, je pense que ce qui se passe, c’est que les jeunes sont intégrés, et après on regarde quels sont les besoins », explique Denis Simard.

L’étude souligne également que les élèves qui ont plus d’un trouble à la fois sont cotés pour celui qui est le plus sévère, et que c’est donc pour ce trouble qu’ils reçoivent de l’aide en priorité. « Les difficultés des élèves ne sont pas toutes officiellement identifiées et les facteurs de risque, pas tous reconnus ni pris en charge », peut-on lire dans le document.

L’étude est publiée dans le contexte des consultations publiques sur la réussite éducative. Son auteure espère que ces données pourront servir de piste de réflexion. « C’est tout le système qu’on doit réfléchir; on doit se demander si ce qu’on offre à nos enfants, en 2016, c'est ce dont ils ont besoin », plaide Caroline Jeanson.

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