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Des facultés de l’Université Laval en déficit chronique

Depuis plusieurs années, certaines facultés de l'Université Laval écrivent leur budget à l'encre rouge. Pendant ce temps, d'autres nagent dans les surplus. Les disparités sont telles que la haute direction devra trouver un moyen pour mieux distribuer son argent.

Un texte d’Alexandre Duval

Sans surprise, les facultés qui éprouvent le plus de difficulté à boucler leur budget sont celles liées aux sciences humaines et aux arts. À la Faculté de musique, par exemple, trois des quatre dernières années ont été déficitaires.

La Faculté des lettres et sciences humaines est aussi en difficulté, ayant enregistré un déficit de plus de 600 000 $ uniquement pour l’année 2016-2017.

Prises individuellement, ces facultés n’ont pas de « dette » à proprement parler; les déficits des unes sont en quelque sorte épongés par les surplus des autres.

Cela ne signifie pas pour autant que les facultés peuvent dépenser sans compter. Afin d’équilibrer leur budget, certaines ont dû faire des choix difficiles au cours des dernières années.

Dans certains cas, des plans de redressement ont dû être mis en place. Des choix difficiles ont été faits, par exemple en ce qui a trait au nombre de charges de cours ou à la réalisation de certains projets immobiliers.

En mode « solution »

La rectrice de l’Université Laval a décliné notre demande d’entrevue sur le problème du financement des facultés. Selon nos informations, un chantier de réflexion est toutefois en cours pour tenter de régler la situation.

Des facultés effectuent actuellement des représentations auprès de la haute direction de l’Université pour qu’elle revoie sa façon de répartir les sommes qui lui sont octroyées par le gouvernement du Québec.

Le président de la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) plaide aussi en faveur de changements.

Samuel Rouette-Fiset rappelle qu'il s'agit d'une promesse faite par la nouvelle administration lors de la plus récente course au rectorat.

Une partie de la solution au sous-financement de certaines facultés pourrait néanmoins venir de l’extérieur des murs de l’Université Laval.

En effet, le ministère de l’Enseignement et de l’Éducation supérieure (MESS) doit présenter bientôt une nouvelle politique de financement des universités.

Une politique désuète

La politique actuelle date du début des années 2000. Elle est largement décriée, notamment par la direction de l’Université Laval, parce qu’elle se fonde sur le nombre d'étudiants et les disciplines dans lesquelles ils sont inscrits.

En règle générale, les étudiants en sciences humaines génèrent moins de subventions, ce que déplorent plusieurs acteurs du milieu universitaire.

Les prévisions du MESS laissent aussi croire que l'effectif étudiant diminuera considérablement au Québec d’ici 2025-2026, ce qui aura pour effet de réduire les sommes versées aux universités.

« Tant qu’on n’aura pas réglé le sous-financement des universités, tout ce qu’on va faire, c’est boucher des trous dans la chaloupe », illustre Samuel Rouette-Fiset.

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