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Des feuilles mortes de Québec pour embellir Thetford Mines

Le paysage de Thetford Mines sera transformé, d'ici quelques années, grâce aux feuilles mortes récupérées à Québec. L'entreprise Englobe les utilise pour revégétaliser les montagnes de résidus qui ceinturent l'ancienne ville minière.

Environ 15 000 tonnes de feuilles mortes sont récupérées chaque année sur le territoire de la ville de Québec. Habituellement, les résidus verts servent à faire du compost ou du paillis. Ils sont aussi achetés par les producteurs agricoles de la région comme engrais pour les champs.

Englobe utilise pour sa part entre 1500 et 2000 tonnes de feuilles mortes que l'entreprise achète annuellement à la ville de Québec. L'entreprise les mélange à différentes matières pour en faire un terreau qui est étendu sur les haldes minières. Englobe y sème de l'avoine et du trèfle, entre autres, pour verdir les montagnes de résidus miniers.

La première phase du projet a débuté l'an dernier et devrait durer dix ans. La végétalisation va contribuer à réduire l'émission de gaz à effet de serre, tout en favorisant le développement de la faune locale, selon Englobe.

On végétalise dix hectares par année. On rééquilibre l'écosystème de la région. Dernièrement, mon contremaître me mentionnait qu'il avait vu des chevreuils et des dindes sauvages sur les résidus miniers végétalisés. On redonne la nature à la région.

Le directeur général d'Englobe, Daniel Deschênes

Englobe veut végétaliser au moins une centaine d'hectares à Thetford Mines. À compter de 2018, des peupliers seront plantés sur les montagnes vertes.

En plus des feuilles, l'entreprise récupère les boues municipales de l'usine d'épuration des eaux de Thetford Mines et des sols décontaminés pour faire son terreau. En 2015, Englobe a utilisé, par exemple, 128 000 tonnes de sols décontaminés, dont 80 000 provenaient de Lac-Mégantic.

Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, salue l'initiative pour ses vertus écologiques, mais aussi économiques.

Englobe investit environ un million de dollars par année dans la région pour réaliser son projet. L'entreprise a embauché un contremaître, en plus d'une dizaine d'employés saisonniers.

« Les emplois qui sont créés sont intéressants, affirme le maire. Pour la Ville, au niveau de nos boues, c'est un endroit où on peut les envoyer. Ça coûte moins cher que de s'en débarrasser comme on le faisait avant. »

Ce projet n'est qu'un début. Englobe souhaite en réaliser d'autres dans la région.

« Vous savez, en 2022, avec le bannissement des matières organiques, aucune matière organique ne pourra aller aux sites d'enfouissements, rappelle Daniel Deschênes. Elles peuvent être recyclées dans des sites comme ici pour embellir le paysage de la région. »

Englobe a réalisé un projet similaire à la mine Jeffrey d'Asbestos.

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