L'agression d'un homme de confession religieuse sikh le 26 mars dernier sur la Grande Allée n'est peut-être qu'un cas isolé, mais la fréquence de gestes d'intolérance serait en hausse et pourrait témoigner de la naissance d'un phénomène. C'est du moins ce qu'avance Haroun Bouazzi, coprésident de l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec).

Au micro de l'émission Première heure avec Claude Bernatchez, Haroun Bouazzi a toutefois assuré que ces gestes ne sont pas l'oeuvre de groupes d'extrême droite organisés. Sans avancer de chiffres exacts, il indique que les appels de signalement de gestes d'intolérance ou de racisme sont plus fréquents à l'AMAL-Québec depuis trois ans.

« Mais au-delà des actes, il y a une idéologie qui peut créer une ambiance. Une femme qui porte un foulard ou un homme qui porte un turban a plus de chances de se faire agresser dans la rue », illustre-t-il.

M. Bouazzi croit que la construction d'un discours d'exclusion n'est pas que l'affaire de quelques radios d'opinion à Québec comme certains le prétendent.

« Les agents de la création de l'image de "l'autre dangereux" pour notre identité de Québécois, ils sont nombreux. Par exemple, le maire Régis Labeaume qui est un élu qui représente tous les Québécois a tenu des propos irresponsables par le passé qui participent à cette ambiance du eux et du nous », avance M. Bouazzi.

Citant les commentaires du maire sur les Syriens célibataires qui seraient des réfugiés indésirables à Québec ou encore sa position sur les burkinis dans les piscines, M. Bouazzi croit que le message implicite de ces propos est que « ces gens-là n'ont pas leur place dans les institutions publiques ».

« Eux » et « nous »

La solution pour M. Bouazzi est de sortir de cette logique du « eux » et du « nous » et de considérer toutes les communautés et les minorités comme étant partie prenante de la société.

Et c'est vrai pour tous les groupes. « On a un problème dans notre société que ce soit par rapport au sexisme, l'homophobie, l'islamophobie et l'antisémitisme. On est tous ensemble dans cette nation, et ensemble nous allons régler le problème. Mais pour se faire, il faut que ces personnes racisées (sic) assument leur identité québécoise », affirme-t-il.

En contrepartie, devant le pas en avant des communautés, les Québécois doivent faire preuve d'ouverture et les institutions doivent jouer leur rôle de sensibilisation, soutient Haroun Bouazzi.

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