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Des groupes identitaires se distancient de l'attentat de Québec et du suspect

Des représentants de La Meute et des Soldats d'Odin, deux groupuscules nationalistes présents à Québec affirmant lutter contre l'islam radical, condamnent l'attentat commis dimanche dans une mosquée de Québec et se distancient du suspect.

Un article de Bahador Zabihiyan

Katy Latulippe, la présidente des Soldats d’Odin, a participé à un rassemblement en mémoire des victimes de l’attentat de Québec. Elle le condamne fermement, indiquant que son groupe lutte contre l'islamisme radical seulement.

[Ce qu'on veut] c’est vraiment que la charia et l’islamisation radicale ne puissent pas venir interférer dans le bien-être qu’on a au Québec.

Katy Latulippe, la présidente des Soldats d’Odin au Québec

Le groupe des Soldats d'Odin a été créé en Finlande en 2015, dans la foulée de la crise des migrants. Des civils ont décidé d'organiser des groupes de patrouille afin, selon eux, de défendre les citoyens contre de possibles attaques perpétrées par des réfugiés.

Le fondateur du groupe, Mika Ranta, est connu pour être un sympathisant de la mouvance néonazie en Finlande.

À Québec, le groupe organise des patrouilles pour lutter contre la criminalité, mais il affirme vouloir protéger tous les Canadiens. Il rejette la discrimination et dit lutter contre l’islam radical seulement.

« Ce que je souhaite, c’est de souhaiter mes sympathies aux familles et aux proches [des victimes] », dit Mme Latulippe.

Mme Latulippe n'a jamais entendu parler d'Alexandre Bissonnette. Il est principal suspect de l'attentat terroriste qui a coûté la vie à six hommes, dimanche soir, au Centre culturel islamique de Québec.

[Alexandre Bissonnette] n'est pas connu du tout dans notre milieu

Katy Latulippe, la présidente des Soldats d’Odin au Québec

Mme Latulippe souhaite organiser plus de patrouilles à Québec pour prévenir les actes violents comme l’attentat de la mosquée.

Mais elle reconnaît qu’il est difficile de rassembler ses membres sur le terrain. La page Facebook du groupuscule compte 3500 membres au Canada, dont 400 au Québec.

Inconnu chez La Meute

Le porte-parole de La Meute, un autre groupuscule nationaliste de Québec, condamne fermement l'attentat.

Sylvain Maikan agit comme porte-parole de La Meute. Il ne souhaite pas donner son véritable nom de famille, car ses proches ne souhaitent pas être associés à son groupe.

« Nous compatissons avec les familles des victimes et nous leur offrons toutes nos sympathies, », dit-il.

Il indique lui aussi ne jamais avoir entendu parler d'Alexandre Bissonnette, le principal suspect. Il précise toutefois que parmi les 43 000 membres du groupe Facebook de La Meute, il y a deux personnes ayant le même nom et le même prénom que le suspect. Mais il s'agit là d'homonymes, assure-t-il.

Alexandre n'a jamais été membre de La Meute, nous ne le connaissons pas.

Sylvain Maikan, porte-parole de la Meute

Le porte-parole indique via Facebook que le groupuscule, qui refuse d’être associé à l’extrême-droite, lutte contre l’islamisme radical, mais pas contre les musulmans dans leur ensemble.

L'islam radical est aussi dangereux pour les musulmans modérés que pour n'importe qui d'entre nous. Alors s'ils sont réellement ce qu'ils prétendent, c'est-à-dire des gens qui ne demandent qu'à avoir une meilleure vie, s'intégrer à notre société […], alors nous ne sommes pas leurs ennemis, mais leurs alliés.

Sylvain, un porte-parole de La Meute

Son groupe ne compte pas participer formellement au rassemblement en mémoire des victimes qui a lieu ce soir à Québec, contrairement aux Soldats d’Odin.

« Nos membres sont au courant des veilles qui sont déjà organisées et c'est à leur discrétion d'y participer ou pas. Ce sont des adultes, on ne leur dit pas quoi faire », dit-il, précisant qu'il n'y a pas non plus eu de mot d'ordre lors des rassemblements organisés après des attentats en Europe.

Des groupuscules avec un discours de rejet

Herman Deparice-Okomba, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, estime que la présence de ces groupuscules crée des tensions.

C’est une grosse inquiétude parce que ce sont des groupes qui ont un discours de rejet, un discours de stigmatisation pour un certain nombre de communautés

Herman Deparice-Okomba, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Il indique qu’en 9 mois, il a reçu 30 appels liés à des groupuscules qu’il estime liés à « d’extrême-droite », comme les Soldats d’Odin ou La Meute.

« Ils ne contrôlent pas leurs membres, ils donnent des discours ambigus, polarisés », affirme M. Deparice-Okomba.

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