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Des jeunes en centre jeunesse découvrent leur potentiel par l’entrepreneuriat

Des garçons de 12 à 14 ans du Centre jeunesse de Lévis démarrent une entreprise d'objets antistress. Un plongeon dans le monde des affaires qui leur permet de découvrir leur plein potentiel.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Depuis un an, la dizaine de jeunes hébergés à la résidence en réadaptation Le Galion utilisent des chaînes de bicyclette afin de fabriquer toutes sortes d’objets pour contrer l’anxiété, comme des toupies de main, communément appelées « hand spinner ».

Ce qui devait être un simple atelier a rapidement pris une tournure entrepreneuriale quand Benjamin (prénom fictif) a proposé de vendre les articles fabriqués par le groupe.

« C’est pour m’accomplir. Ça nous motive et ça passe le temps. Ça peut aider d’autres personnes », relate le jeune de 13 ans dont le nom ne peut être dévoilé dans le but de protéger son identité.

L’entreprise a maintenant un nom : R-GO-Galion. Des centaines de produits ont déjà été vendus, que ce soit dans des écoles ou des hôpitaux, visités par les jeunes. Un site web a même été créé pour faciliter la vente des articles.

Confiance

De l’achat des matériaux à la vente du produit final, en passant par sa fabrication, les jeunes garçons participent à l’ensemble des étapes dans l’entreprise.

« C’est des enfants qui ont été abandonnés. On veut leur créer des souvenirs et leur montrer que le moment qu’ils ont été ici, ils ont été capables de réaliser des choses », explique l'une des éducatrices du centre jeunesse, Isabelle Ouellet.

Les jeunes ont donc dû expliquer leur projet à multiples reprises lors des différentes rencontres qu’ils ont effectuées pour compléter leurs ventes. « Les gens sont heureux. Ils sont fiers de nous et nous encouragent », se réjouit Benjamin.

Isabelle Ouellet soutient que cette petite entreprise est une belle occasion de rentrer en contact avec un adulte en dehors du centre et dans un contexte positif.

« La plupart des enfants qui sont placés ici, les adultes n’ont pas été corrects envers eux. La méfiance envers l’adulte est grande. À travers toutes ces étapes, c’est aussi d’apprendre à l’enfant qu’il peut à nouveau faire confiance à un adulte », précise-t-elle.

Moments privilégiés

Les longues heures passées autour de la table de fabrication sont aussi une occasion pour les éducatrices d’en savoir plus sur l’état d’esprit des résidents du centre.

« On peut aller plus loin dans leurs émotions, dans ce qu’ils vivent, dans leurs difficultés et leurs besoins. On les amène petit à petit à avoir confiance en nous. D’être concentré à une activité ça nous permet d’avoir accès à ça », mentionne une autre éducatrice, Laurence Léveillé.

Les profits engendrés par la vente des articles ont servi jusqu’à maintenant à acheter du matériel et des maillots d’équipe pour le vélo.

Les jeunes du centre participent depuis quelques années à Une route sans fin, une randonnée à vélo de plus de 60 kilomètres, organisée par les Centres jeunesse du Québec.

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