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Des jeunes racontent leur chemin vers la déradicalisation

En marge de la Conférence de Québec de l'UNESCO sur la radicalisation, le gouvernement du Québec compte créer une chaire de recherche sur la radicalisation. Un outil essentiel selon des jeunes qui sont passés par là et s'en sont sortis.

C'est le cas de Maxime Fiset. L'homme, maintenant âgé de 30 ans, a adhéré à un groupe skinhead alors qu'il avait 17 ans. L'organisation d'extrême droite prône la suprématie blanche et des valeurs proches du nazisme.

Le jeune homme a fondé la Fédération des Québécois de souche, une organisation qui véhicule des messages haineux. Il a d'ailleurs été arrêté pour ne pas avoir empêché la propagation de messages racistes.

« J'ai été arrêté à l'école [alors que] j'étais étudiant en électricité et construction, pour propagande haineuse. [...] Et au moment de mon arrestation, j'avais un poing américain dans ma poche. C'est pour vous dire à quel point la violence est omniprésente dans cette idéologie-là. »

Il affirme que le Québec est un terreau fertile pour les messages d'extrême droite. « Au Québec, entre autres, l'extrémisme de droite est de plus en plus décomplexé. »

Maxime Fiset a eu une fille il y a quatre ans. Il est depuis retourné sur les bancs d'école et étudie les sciences politiques à l'Université Laval. Il a maintenant tourné la page sur cet épisode de sa vie qui aura duré un peu moins de 10 ans, et travaille en collaboration avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Il tenait à participer à la conférence de Québec pour lancer un message aux jeunes qui, comme lui, pourraient être tentés par la voie de la radicalisation et de la violence. « Tes questions sont légitimes, mais ce sont des réponses qui peuvent poser problème. N'hésite pas à demander de l'aide et pour ça, il y a le Centre. »

Vaincre les préjugés

Également dans la salle, une jeune femme voilée qui tenait à garder l'anonymat. Elle aussi a reçu l'aide du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal. Âgée de 19 ans, elle affirme avoir partagé avec des amis plusieurs idées radicales. Certains d'entre eux ont, depuis, joint les rangs de groupes radicaux.

« L'erreur, c'est de directement avoir la haine contre la société à cause, par exemple, de la charte des valeurs, de vouloir m'isoler et de considérer les gens comme des mécréants, puisqu'ils étaient directement contre moi. »

D'après le reportage de Pascale Lacombe

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