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Des manifestants contre le barrage de Muskrat Falls arrêtés à Ottawa

Une vingtaine de personnes, notamment des Autochtones, réunies sur la colline du Parlement à Ottawa pour manifester contre le projet de barrage hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, ont été arrêtées lundi pour être sorties du périmètre désigné.

Les protestataires ont été détenus pendant une trentaine de minutes avant d’être libérés, sans qu’aucune accusation soit portée contre eux. Ils sont toutefois bannis de la Colline pendant 90 jours.

Les manifestants étaient équipés de photographies d’enfants qu’ils voulaient remettre au premier ministre Justin Trudeau comme exemples de personnes qui seraient à risque d’être empoisonnées au méthylmercure quand le réservoir de Muskrat Falls sera inondé.

Des Autochtones craignent les effets sur la faune du méthylmercure qui se dégage lorsque la terre est inondée et que les matières organiques au sol se décomposent.

Plusieurs études ont d’ailleurs déjà averti que de hauts taux de méthylmercure pourraient être dommageables pour ceux qui pêchent et mangent les poissons de la région.

« C’est notre dernier recours, a expliqué Marjorie Flowers aux policiers avant d’être arrêtée. Nous avons tout essayé. »

Au moins trois des manifestants qui se nomment eux-mêmes « les protecteurs des terres du Labrador » avaient déjà été arrêtés en juillet 2017 lors de protestations sur le site du barrage hydroélectrique.

Ils avaient alors été envoyés au pénitencier Her Majesty’s (PHM) de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une lutte de longue haleine

Les opposants au projet de Muskrat Falls tentent de se faire entendre depuis plusieurs années. En 2016, des protestataires étaient notamment venus faire la grève de la faim sur la colline du Parlement.

Ce mouvement de protestation avait mené à la mise sur pied d’un comité consultatif indépendant pour étudier la menace posée par le méthylmercure.

Le comité a rendu son rapport le mois dernier, recommandant que le sol de surface et la végétation des terres qui seront inondées soient enlevés; ce qui occasionnerait un coût de 742 millions de dollars.

Celle solution plaît aux Inuits, mais pas aux Innus du Labrador, qui jugent l’entreprise « risquée ».

La députée libérale fédérale du Labrador, Yvonne Jones, assure que les revendications des protestataires seront prises en compte lors des prochaines discussions avec la province au sujet du projet de Muskrat Falls.

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