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Des marches dans plusieurs villes du Québec contre la culture du viol

Des manifestations pour dénoncer la culture du viol se tiendront en fin de journée dans cinq villes du Québec. Dans la foulée de l'affaire Sklavounos et des événements survenus à l'Université Laval, les organisatrices souhaitent lancer un message fort contre la banalisation des agressions dont les femmes sont victimes.

Des marches se mettront en branle à Montréal, à Québec, à Saguenay, à Sherbrooke et à Gatineau. « C'est nécessaire parce que nous avons vécu des événements dans les dernières semaines, et durant les dernières années, qui sont révélateurs d'une culture du viol qui est très présente. Qui blâme les victimes plutôt que de blâmer l'agresseur », déplore Marjorie Champagne, de la Marche contre la culture du viol à Québec.

Natasha Kanapé Fontaine, du mouvement Stop à la culture du viol, insiste aussi sur l'importance de dénoncer cette banalisation de la violence sexuelle. Selon elle, le traitement réservé à Alice Paquet, qui allègue avoir été agressée par le député Gerry Sklavounos, est éloquent à ce chapitre.

« L'élément commun, c'est la vulnérabilité de ces femmes-là qui est souvent utilisée pour tenter de discréditer le discours des femmes qui osent dénoncer leur agresseur. Ce qui arrive dernièrement, c'est qu'on tente de minimiser cette violence-là que les femmes ont vécue. »

Julie Tremblay, la directrice générale de l'organisme Viol-Secours insiste sur le fait que les manifestations visent avant tout une « conscientisation sociale » à la culture du viol « pour que cesse la violence et que cesse le silence ».

Mme Tremblay souligne que plusieurs personnes participent à cette culture du viol par des comportements qu'elles jugent tout à fait normaux. Elle donne en exemple « des blagues sexistes, des commentaires sur l'habillement [le fait de] siffler sur la rue, plein de comportements qui s'accumulent ».

Selon elle, ces gestes visent de façon insidieuse à « culpabiliser les femmes et à les responsabiliser de ce qui leur arrive [lorsqu'elles sont victimes de violence] ».

Pression sur le gouvernement

Le rassemblement à Montréal est prévu à 17h30 à la place Émilie-Gamelin. À Québec, la marche débutera à 19h à la place de l'Université-du-Québec.

Plus qu'une activité de conscientisation, les organisatrices espèrent aussi mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il adopte un plan d'action en matière d'agression sexuelle.

« Celui que nous avons au Québec est échu depuis 2013, nous sommes en droit de nous attendre à ce que le gouvernement prenne des engagements clairs à ce niveau », conclut Julie Tremblay.

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a déclaré avoir reçu, de la part de la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, l'assurance que ce plan d'action serait déposé « incessamment ». 

Mme David, qui s'exprimait sur les ondes d'Ici Radio-Canada Première, à l'émission Midi info, mercredi, souhaite que le gouvernement Couillard accompagne cette éventuelle politique de nouvelles ressources financières. « Il faut non seulement un plan, mais il faut agir pour aider les victimes et même les agresseurs », insiste Françoise David. Cette dernière rappelle que les organismes d'aide existent déjà, dans ce domaine, mais qu'ils ont de longues listes d'attente.

Le premier ministre doit envoyer un message, dit Françoise David

Elle affirme par ailleurs avoir invité Philippe Couillard à participer aux marches qui sont organisées aujourd'hui pour dénoncer la culture du viol. La présence du premier ministre, selon Françoise David, « revêtrait une importance particulière » et enverrait un message de soutien aux victimes. 

La porte-parole de Québec solidaire affirme que M. Couillard n'a pas indiqué s'il serait présent, ou pas, à ces manifestations. Françoise David rappelle qu'au printemps dernier, il avait participé à une veillée aux chandelles. Cet événement, alors organisé par Fierté Montréal et le collectif Carré rose, était destiné à rendre hommage aux victimes de la fusillade d'Orlando et à dénoncer « l'homophobie, le racisme et le sexisme ».

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