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Des millions de profits pour les stationnements d'hôpitaux

Se faire soigner à l'hôpital c'est peut-être gratuit, mais le stationnement ne l'est pas. Les établissements du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec exigent 6 $ pour se stationner pendant une heure et jusqu'à 16 $ pour plus de trois heures. Des frais dénoncés par plusieurs usagers.

Un texte de Marie Maude Pontbriand

Mylène Tremblay a dépensé au moins 500 $ en frais de stationnement d'hôpitaux pour les rendez-vous médicaux de son fils depuis le mois de juin. Un montant « exorbitant » pense la mère monoparentale du petit Charles Veilleux, né prématurément.

Le CHU de Québec, qui regroupe cinq hôpitaux, a révisé ses tarifs en 2013 pour uniformiser les coûts de stationnement dans ses différents établissements. Cette révision a été suivie d'une augmentation des tarifs d'environ 30 %.

Le CHU a procédé à une étude comparative des tarifs de stationnements de son secteur pour fixer ses prix selon le marché, explique la porte-parole Pascale St-Pierre.

« On a fait une étude comparative pour voir qu'elles étaient les tarifs raisonnables à offrir à notre clientèle pour que ce soit somme toute accessible, mais qui nous permet aussi de couvrir les frais et d'en dégager une certaine somme également pour qu'elle puisse être versée au budget. »

Directive du ministère

Une directive du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec encadre l'utilisation des revenus de stationnements d'établissements de santé. Ils doivent d'abord servir à l'entretien de celui-ci, le reste doit être utilisé pour combler le déficit de l'établissement le cas échéant et pour financer divers projets de l'hôpital.

En 2014-2015, le CHU de Québec a tiré des revenus bruts de 12,9 millions de ses stationnements. Après avoir payé les frais d'entretien, il restait 7,4 millions de dollars qui ont été versés au budget d'exploitation de l'hôpital et 900 000 $ à la fondation de l'hôpital.

Même si l'argent est réinvesti dans les hôpitaux, plusieurs usagers continuent de penser qu'ils paient trop cher. C'est le cas de Patrick Deguise, un père de famille qui a choisi de prendre l'autobus pour passer une journée de tests à l'hôpital.

« Oui, ils font des rénovations, mais je me dis que ce n'est pas juste à nous à payer le coût, je me dis que le gouvernement est là. C'est un bien qui nous appartient. »

Le CHU de Québec ne voit pas les choses de la même façon. « Nous, on ne le qualifie pas comme une façon de faire de l'argent sur le dos de la clientèle. C'est un service qu'on met à la disposition de la clientèle. [...] On juge que c'est un service qu'on leur offre, qu'ils ont le loisir de prendre ou pas », affirme Pascale St-Pierre.

Mylène Tremblay imagine mal toutefois comment elle pourrait se rendre à l'hôpital avec son petit Charles et tout l'équipement qui l'accompagne, autrement qu'en voiture.

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