Retour

Des musiciens de rue lancent une pétition pour contester les changements de réglementation

Des musiciens de rue ont lancé une pétition pour dénoncer les changements de réglementation « imposés » par l'administration Labeaume cet été sur la partie piétonne de la rue Saint-Jean. Certains se présenteront à l'hôtel de ville de Québec mercredi pour se faire entendre.

Un texte de Fanny Samson

Rebecca Breton, musicienne de rue depuis sept ans, déplore les dernières modifications apportées aux règlements de la Ville concernant la musique de rue.

Il n'est plus possible de jouer sur un site, souligne-t-elle, et un autre a vu ses heures d’utilisation considérablement restreintes.

« On l’a appris la journée où on est allés renouveler notre permis à la régie des amuseurs publics au début mai », explique-t-elle

Elle précise qu’elle savait que des changements étaient envisagés en raison de plaintes formulées par des résidents du quartier, mais elle croyait que les musiciens de rue seraient consultés. « On est les premiers concernés en fait, mais on a rien su de l’hiver », indique-t-elle.

Pertes de revenus

Depuis le début de la saison, ces deux changements ont provoqué des pertes de revenus importantes pour les musiciens qui jouaient sur la partie piétonne de la rue Saint-Jean.

« Sur les deux sites, on pouvait jouer le soir de 18 h à 23 h, 7 jours sur 7. Cette année, c’est rendu en semaine de 18 h à 21 h et la fin de semaine de 18 h à 23 h », dit-elle, soulignant qu'un des deux sites a tout simplement été retiré de la liste.

Elle s’est donc rendue à l’hôtel de ville le 4 juin dernier pour exposer ses préoccupations aux élus. Devant l’absence de changements évoqués, elle a publié une lettre ouverte.

« Après avoir exposé l’enjeu aux élus lors de la période de questions des citoyens, il semblait évident que ceux-ci ne comprenaient pas du tout la réalité des musiciens et musiciennes de rue », peut-on lire.

Son collègue Philippe Gagné et elle ont donc lancé une pétition, qui jusqu’à présent a récolté près de 3000 signatures.

Rebecca Breton évalue des pertes d’environ 50 % de ses revenus par rapport à l’année précédente.

Une « compétition malsaine »

Depuis quelques années, elle affirme que plusieurs groupes de musiciens avaient réussi à créer des spectacles d’envergure. Comme la rue Saint-Jean est en partie piétonne, les deux sites convoités étaient assez spacieux pour accueillir une cinquantaine de spectateurs, explique-t-elle.

Le choix des musiciens se fait dorénavant par tirage au sort, alors qu’avant c’était « premier arrivé, premier servi ».

« Des fois on est arrivés avec sept groupes de musiciens qui se présentent pour 3 h. Donc, il y a une grande partie des musiciens qui retournent chez eux sans même avoir pu jouer », dit-elle, ajoutant que ce nombre d'heures n’est pas suffisant pour « gagner » sa vie.

C’est sans parler, selon elle, de la compétition malsaine qui s’est installée. « Parce que là on doit se battre entre nous pour être capable de jouer, alors qu’avant la rue Saint-Jean, c’était un lieu de rencontre entre les musiciens où on pouvait jouer ensemble et développer notre créativité », déplore Rebecca Breton.

Plus d'articles