Salad Shop resto - take out, Eye Am services oculaires, Yoga Fitness, Yellow; 40 ans après l'adoption de la loi 101, l'utilisation de termes anglophones dans l'affichage commercial saute aux yeux dans certains secteurs. C'est le cas de plusieurs entreprises situées sur une portion de la rue Bouvier à Québec.

Un texte de Jonathan Lavoie

Abusive ou non l’utilisation des termes anglais? Il est difficile de statuer pour l’Office de la langue française (OQLF). La conformité de l’affichage d’un commerce fait l’objet d’une analyse uniquement en cas de plainte.

« Est-ce que c’est une marque de commerce? Est-ce que ce sont des mots qui pourraient être acceptés? Il y a certains mots anglais qui sont acceptés en français. Ils ne sont pas tous acceptés dans le Grand dictionnaire terminologique de l’Office, mais ça peut se retrouver dans d’autres dictionnaires », Jean-Pierre Leblanc, porte-parole de l'OQLF.

Chose certaine, d’ici novembre 2019, les nouvelles règles adoptées en 2016 par le gouvernement libéral devront être suivies par l'ensemble des commerces.

« Ce que la réglementation va demander maintenant, c’est qu’il y ait une présence suffisante du français », précise Jean-Pierre Leblanc.

À titre d'exemple, Walmart a ajouté « Supercentre » sur la devanture de ses magasins, un changement qui respecte les nouvelles normes.

Conforme ou pas?

Propriétaire de quatre restaurants Salad Shop depuis 2016, Cindy Belleau a hérité des affiches des anciens propriétaires où on peut lire saladshop resto-take out.

La franchisée tient à conserver l'uniformité de la marque, principalement parce qu’elle compte ouvrir des points de services à l’extérieur du Québec.

Consciente que l’anglais domine dans sa marque de commerce, elle espère tout de même ne pas avoir à changer les affiches de ses quatre restaurants, une dépense qu’elle évalue plus de 20 000 $.

« Je crois que les Québécois se retrouvent là-dedans. Si on regarde nos menus papiers, tout est en français, il n'y a pas d'erreur de frappe et on fait vraiment attention », assure la propriétaire.

L'OQLF indique qu'elle ne changera pas ses façons de faire lorsque la nouvelle réglementation sera entrée en vigueur. Des vérifications seront faites uniquement en cas de plainte. L'organisme s'engage également à aider les commerçants à se conformer sans avoir à dépenser une fortune.

Insuffisant, selon Impératif français

L’organisme de défense de la langue française Impératif français réitère que la réglementation provinciale manque de mordant. Le président, Jean-Paul Perreault, estime que l’exemple de la rue Bouvier témoigne d’un laisser-aller du gouvernement.

« Ça exprime très clairement au vu et au su de tout le monde que le gouvernement encourage l’agression culturelle et linguistique en permettant aux entreprises de ne pas respecter ce que nous sommes au Québec : une société de langue française », dénonce-t-il.

Impératif français souhaiterait que le gouvernement force les entreprises à traduire leur marque de commerce, comme l’ont fait Bureau en gros ou Poulet frit Kentucky.

Bilan des plaintes

À l’échelle du Québec, l’OQLF reçoit environ 3000 plaintes par année. Le tiers de ces plaintes concernent l’affichage commercial.

Sur l’ensemble des plaintes reçues par l’Office pour l’année 2015-2016, 33 % ont été jugées non fondées ou irrecevables et dans 35 % des cas, la situation a été corrigée par les commerçants.

« Il y a moins de 2 % des dossiers qui sont transmis au directeur des poursuites criminelles et pénales, évidemment c’est pénal, mais il pourrait y avoir des amendes de données », précise Jean-Pierre Leblanc.

Les entreprises ont un peu plus de deux ans pour se conformer au nouveau règlement et ajouter du français sur leur façade.

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