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Des paroisses face à la désertion des églises à Lévis

L'église Sainte-Bernadette à Lévis est en cours de démolition. Le bâtiment de culte a été vendu pour laisser place à une coopérative d'habitation. Un autre exemple qui illustre la conséquence d'une baisse de la fréquentation dans les églises de Lévis forçant les paroisses à s'adapter.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

En 2011, la paroisse de Saint-Joseph-de-Lévis, où se situe l'église Sainte-Bernadette, estimait à 3500 le nombre de personnes qui fréquentaient ses différents lieux de culte la fin de semaine. Un nombre bien insuffisant pour maintenir les huit églises de la paroisse.

« Le critère premier du maintien d'un bâtiment de ce type-là, c'est la fréquentation et le soutien que donnent les paroissiens », constate Gaétan Hallé, président de l'assemblée de Fabrique de la paroisse Saint-Joseph-de-Lévis.

L'église Sainte-Bernadette, en bordure du fleuve sur la rue Saint-Joseph, dans l'est de Lévis, a donc été déclarée en surplus. Plus aucune messe n'y est pratiquée depuis octobre 2012. Sa démolition s'est amorcée dans les derniers jours.

Et ce n'est que le début. L'assistance dans les églises a connu une baisse importante ces dernières années.

Une autre église passera au couperet. La petite église blanche Sainte-Jeanne-d'Arc, de la rue Saint-Laurent, fermera à son tour.

« Elle est encoure ouverte, mais on n'aura à se poser la question d'un éventuel projet qui pourrait voir le jour sur ce site », affirme Gaétan Hallé.

Fusions et créativité

À la suite de la démolition de l'église Sainte-Bernadette, il restera 14 églises réparties dans trois paroisses sur le territoire de Lévis.

La paroisse de Saint-Nicolas-de-Lévis qui en dénombre trois est le résultat d'une fusion effectuée en 2014. L'autre paroisse, Saint-Jean-l'Évangéliste a été créée en janvier 2017 après le regroupement de 5 églises.

Les paroisses sont unanimes : la baisse de fréquentation les force à diversifier leurs sources de revenus.

Dans l'église de Saint-Jean-Chrysostome, les bancs ont été remplacés par de simples chaises pour permettre la tenue de réunions et de réceptions.

« Ça nous permet de payer le chauffage l'hiver », ironise Robert Marcoux, le président d'assemblée de Fabrique de la paroisse de Saint-Jean-l'Évangéliste.

En septembre 2018, une seule équipe pastorale s'occupera des trois paroisses. Un signal qui présage une fusion éventuelle.

« Ma crainte, c'est que plus on devient éloigné, plus on devient élargie et grand, le sentiment d'appartenance se dilue et les gens deviennent indifférents », appréhende Robert Marcoux.

« Faire de la pastorale autrement »

C'est une coopérative d'habitation, le projet Carpe Diem, qui s'érigera sur le site de l'église Saint-Bernadette. La construction débutera au printemps 2018.

Comme l'exigeait l'appel d'offres, le bâtiment comportera une salle communautaire et des locaux pour le club de l'âge d'or et le cercle des fermières.

Pour M. Hallé, c'était une façon de ne pas « vendre son âme au diable. »

« Un projet de condos de luxe aurait probablement rapporté plus qu'un projet communautaire sur le même site. Il valait mieux trouver un autre projet qui nous permettrait de continuer notre action dans le secteur. »

Gaétan Hallé soutient que ce projet illustre bien ce que les paroisses peuvent faire pour s'adapter aux nouvelles pratiques religieuses.

« On parle peut-être moins de la fréquentation des offices les fins de semaine, mais plus des gens qui agissent dans leur milieu en aidant les personnes dans le besoin », dit-il.

Même son de cloche à Saint-Jean-de-l'Évangéliste. Les traditionnelles messes du dimanche pourraient être remplacées par des « célébrations de la parole », faute de curés.

« Les nouveaux prêtres, il y en arrive deux ou trois dans le diocèse de Québec chaque année. Ce n'est pas avec ça qu'on va pouvoir avoir des célébrations eucharistiques tous les dimanches », constate le président de l'assemblée de Fabrique, Robert Marcoux.

Avec le temps des fêtes qui approche, M. Marcoux souhaite voir les bancs de l'église se remplir à nouveau. L'achalandage à la traditionnelle messe de minuit bat toutefois de l'aile et n'échappe pas à la tendance.

« Si la foi n'y est plus, il semble que la tradition s'en va aussi », laisse-t-il tomber.

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